SNCF Voyages

En avril 2010, les 1 700 collaborateurs de SNCF Voyages se sont regroupés sur les 26 000 m² du mythique Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT), à La Défense.

Terminus, tout le monde descend au CNIT !

En avril 2010, les 1 700 collaborateurs de SNCF Voyages se sont regroupés sur les 26 000 m² du mythique Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT), à La Défense. Le projet est né suite à l’annonce par Bruxelles de l’ouverture à la concurrence sur les liaisons ferroviaires européennes pour 2010. La SNCF a décidé de se réorganiser dans ses métiers, et de regrouper ses activités « voyageurs » sur un seul et même bâtiment. Pour incarner cette nouvelle démarche managériale et RH, la SNCF et ses filiales ID TGV, www.voyagesncf.com, Rails solutions, SNCF Voyages Developpement, auparavant réparties sur cinq sites différents à Paris et Levallois, devaient être rassemblées sur un seul et même site. Ce projet symbolise la volonté de la direction des ressources humaines d’apporter une image plus moderne à SNCF Voyages, en passant d’une organisation centralisée et verticale à davantage d’horizontalité et de transversalité. Le nouveau bâtiment devait traduire cette nouvelle organisation. La liaison se fait alors facilement avec le CNIT de la Défense. 

L’histoire du CNIT

Le Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT) est le premier bâtiment construit sur le site de La Défense, en 1958. Il est classé monument historique. Initialement construit pour être un centre de congrès et d’accueil de grandes expositions telles que les Floralies, le Sicob, les Arts Ménagers, le Salon Nautique de Paris… Le CNIT a connu par la suite plusieurs rénovations. En 1988, les structures intérieures du CNIT furent totalement vidées et retravaillées pour y accueillir près de 200 000 m2 (au lieu des 100 000 m2 précédents). C’est alors qu’il fut rebaptisé sous son nom actuel : Centre des Nouvelles Industries et Technologies. Si la voute et les façades sont conservées, l’intérieur est profondément transformé avec la construction d’un ensemble de bureaux, d’un hôtel de luxe et d’une zone commerciale. Cette rénovation sera un semi-échec avec des bureaux partiellement occupés et un manque de lumière dans le bâtiment. Enfin, un inconvénient technique majeur (plafonds trop bas) rendait impossible la tenue de salons et manifestations d’envergure. Le nouveau propriétaire Unibail-Rodamco décide alors la mise en place d’une nouvelle restructuration. Les travaux sont effectués de 2006 à 2009, pilotés par les architectes Cuno Brullmann et Jean-Luc Crochon en collaboration avec Pierre Parrat. De nouvelles surfaces de bureaux sont créées et la vocation commerciale du bâtiment est renforcée avec l’implantation de plusieurs enseignes. De même, la dalle de la Défense est partiellement démolie autour du bâtiment afin de retrouver la forme originelle extérieure du bâtiment et ses trois pieds.


Même si le choix du site parait aujourd’hui être une évidence, il n’a pas été simple.

La SNCF avait besoin d’un site disponible rapidement et pouvant accueillir entre 1 700 et 1 800 personnes, qui soit bien desservi par les transports, et à un coût équivalent aux installations existantes. Pas moins de 103 bâtiments ont été audités par Atis Real Consult. « Beaucoup de bâtiments étaient organisés à la verticale, avec un empilement de plateaux, une organisation en silo que nous ne souhaitions plus », précise Pierre Lebaleur, Directeur Projet Aménagement SNCF Voyages, « En visitant le CNIT, nous nous y sommes tout de suite projetés. Ce bâtiment horizontal répondait parfaitement à nos critères de transversalité ». Le CNIT est constitué de 3 plateaux de 6 000 m², transparents, fluides et lumineux, assurant la connexion entre les différentes entités prêtes à y être hébergées. Tout comme la SNCF, le bâtiment a une histoire forte et emblématique. Un bail mono-locatif a alors été signé avec Unibail-Rodamco pour une durée de 9 ans, pour l’occupation de ces 22 146 m² de bureaux rénovés. En louant le CNIT, la Société Nationale des Chemins de Fer se retrouve à côté de son actionnaire principal, le Ministère des Transports.


Bien sûr, le quartier de La Défense n’a pas été un critère facile à vendre aux équipes.

Entre les collaborateurs proches de la Gare de Lyon et ceux situés à Levallois, impossible de satisfaire tout le monde en termes de transports. Le quartier des affaires ne correspondait pas franchement au positionnement de la SNCF. Mais le leader du voyage en Europe affirme par ce projet son nouveau positionnement. « Nous avons le désir de changer d’image en nous affirmant comme un acteur global du voyage et en développant une dimension de services et de connexion au client. Nous souhaitons proposer une expérience du voyage plutôt que l’aspect matériel, horaire et industriel du transport », raconte Stéphane Fériaut, Directeur de Programme au sein de la Direction des Ressources Humaines. Au-delà d’un déménagement, le projet est d’abord celui d’un regroupement, pour avoir conscience du travail des autres et apprendre à se connaître. « Nous avons besoin d’avoir des liens beaucoup plus forts avec des filiales qui sont devenues de plus en plus importantes, comme voyagesncf.com ou ID TGV, premier transporteur low cost », ajoute-t-il, « Elles ont un impact sur la production de services conséquente sur la SNCF ». Pour atteindre cet objectif managérial, il a fallu trouver des traductions économiques et financières liées à l’espace. Le quartier des affaires de La Défense ne pouvait que symboliser au mieux la préparation de l’ouverture à la concurrence pour une synergie, une émulation et une connectivité des équipes. « Le bâtiment est devenu un catalyseur et un facilitateur qui nous permet d’illustrer notre histoire », ajoute Pierre Lebaleur.

Une conduite du projet innovante

Pour que SNCF Voyages soit prêt au déménagement au 1er janvier 2010, date symbolique d’ouverture à la concurrence, le calendrier des opérations a été quasi militaire ! La décision de regrouper les filiales a été prise en février 2009, les locaux ont été visités en mars/avril, les études menées en avril/mai, le bail signé en août et le déménagement s’est effectué en mars 2010. La ligne managériale a été prévenue dès mai 2009, le « go » pour le CNIT officialisé en août, avant de démarrer l’implication des équipes début septembre. C’est Stéphane Fériaut qui s’est occupé de la partie accompagnement du changement, face à des partenaires sociaux peu favorables au déménagement. En plus des délais serrés, la gestion des CHSCT et les demandes diverses des organisations syndicales fortes ont constitué un vrai défi. « Tous n’ont pas les mêmes besoins, attentes, inquiétudes. Il a fallu trouver un équilibre et prendre en compte les attentes de chacun dans la mesure du possible », explique-t-il. Des ateliers de concertation thématiques ont été mis en place avec des représentants sur différents thèmes : logistique, services aux occupants, espaces verts, sûreté/sécurité, choix de couleurs, de mobilier, etc., et ce le plus en amont possible du projet. Enfin, et parce que nous en sommes très fiers, l’ensemble des fiches d’information/formation sur l’environnement de travail a été influencé par ACTINEO. Dans les ateliers de réflexion réalisés comme un parcours initiatique, on a pu trouver des fiches didactiques sur le rangement, la position assisse, sur le mobilier, l’acoustique… inspirées par votre Observatoire.


Le bailleur a participé, dans le cadre de ces travaux de rénovation, à la prise en charge du preneur en avançant certains éléments tels que les cloisons amovibles, les espaces cafétérias… « Nous avons donc déployé 80 % de notre budget avec lui, et nous sommes réservés 15-20 % du budget pour ajuster in fine la cible durant les six dernières semaines ». Une conduite de projet qui a permis de prévoir en amont les inévitables ajustements et des variations d’implantations dues au macro-zoning et au déménagement : cloisons, vitrages, câblages, signalétique, éclairage. « C’est du sur-mesure ! Chaque plateau est unique et les utilisateurs ont eu le sentiment d’être écoutés », conclut le Directeur Projet Aménagement. C’est sans encombre que SNCF Voyages est arrivé aux 4 phases de déménagement prévues jusqu’en mars 2010.

Un aménagement favorisant les rencontres

Le concept de l’aménagement est celui d’une « ville dans la ville ». Une ville est un espace en mouvement, organisé autour d’une rue centrale, de carrefours, de passerelles et de terrasses, où les gens se rencontrent. Chaque entité a gardé son identité et occupe un quartier, avec des liaisons entre chacune d’entre elles. L’idée est de favoriser les occasions et lieux de rencontre entre les collaborateurs sur les espaces ouverts, tout en respectant l’autonomie et l’image de marque de chaque branche. Sur le plan managérial, ce projet vise au partage d’informations et à l’innovation, à travers des espaces de rencontre et de réunions, pour des débriefings informels. « Nous avons essayé de créer une vie de village sur le site, avec de nombreuses manifestations », précise le Directeur Immobilier. Autant dire l’importance des espaces collectifs.

 

Les espaces collectifs

En termes de m², le site a été optimisé dès le départ. « A l’origine, nous devions déménager 1 450 collaborateurs : ils étaient 1 650 lors du déménagement ! », raconte Stéphane Fériaut. A tel point que le nombre de salles de réunion prévues a été divisé par deux. Mais garder de la place pour les espaces collectifs était primordial dans ce projet. Pour conserver les ratios du programme initial, SNCF Voyages a eu l’idée d’occuper les terrasses et la rue intérieure d’un point de vue paysager, pour en faire des espaces collaboratifs où l’on va retrouver des espaces de réunions informels. Le site comprend 21 600 m² utiles sur une surface de 26 000 m².
 
Mobilitis (qui a assuré la programmation du site et le conseil mobilier) a fait appel à Orangebox et sa gamme de produit Airea distribuée par Bisley. 27 box sont ainsi répartis sur les espaces ouverts des locaux de SNCF Voyages, et peuvent accueillir 4 à 5 personnes chacune. Ces salles de réunion nomades offrent la possibilité de diviser les espaces ouverts et de créer des salles partiellement ou totalement fermées pour se réunir. Elles permettent aussi de modifier et d’affiner la configuration des bureaux pour répondre aux exigences de flexibilité d’une équipe ou d’un projet particulier plus facilement et plus efficacement.
 
Sur chaque plateau, de petites salles de réunion permettent aux collaborateurs de se réunir en toute simplicité, sans réserver de salles trop grandes ou gêner leurs collègues sur leur lieu de travail. La réservation ne concerne que les salles de réunion de plus de 4 personnes. Côté restauration, il y a un RIE de 400 places, un snack pour la petite restauration, trois espaces cafés, et une tisanerie par tranche de 30 personnes. Les postes de travail des collaborateurs ne permettent – volontairement - pas de se réunir, pour inciter à se déplacer et se rassembler dans ces espaces collaboratifs situés à moins de 10m de son poste de travail. La mutualisation des zones de confort, des espaces de reprographie et des espaces réunion, facilite les échanges informels. L’idée est de se lever pour débriefer d’un dossier dans le salon marocain ou sur les transats par exemple. Des équipements Wifi disponibles permettent une connexion permanente dans ces différents espaces.
 

Un poste de travail épuré

Les plateaux sont tous distincts, pour accueillir les différentes entités et la centaine de métiers présents au sein de SNCF Voyages. Si la plupart des filiales sont en open space, il n’est pas généralisé à l’ensemble du site. Certains services bénéficient de bureaux plus personnalisés. Il reste un tiers de bureaux individuels, notamment pour les 250 managers présents sur le site (au lieu des 100 prévus initialement). La densification a néanmoins donné lieu à certaines adaptations : les bureaux des managers peuvent aussi faire office de salles de réunion. La SNCF a également prévu des espaces plus restreints que sur les plateaux, avec cinq postes de travail, notamment pour les équipes projet.
   
Majencia, fabricant de mobilier de bureau et aménageur d’espaces tertiaires, a installé le mobilier, soit près de 1650 postes de travail sur 22000 m² en 3 mois. Pour répondre au cahier des charges, Majencia a imaginé des solutions sur-mesure en adaptant des gammes existantes. Le choix s’est porté sur la gamme Conecto, avec un poste de travail permettant de transformer l’environnement de travail en espace interactif et de co-création en équipe, auquel a été intégré un rangement porteur. Des armoires Classwood, fabriquées à partir de bois issus de forêts durablement gérées françaises, viennent compléter les rangements disponibles. Les modèles Sitagworld et Filio ont été retenus pour les sièges, du fait de leurs critères esthétiques et ergonomiques. Majencia et la SNCF ont conclu un contrat cadre en 2006, contrat qui a été renouvelé fin 2009. La SNCF a par ailleurs mandaté Majencia sur d’autres projets à Paris 17e et à Lyon (Tour Oxygène), représentant respectivement plus de 1 000 postes de travail.
 
Le poste de travail a été réduit à son strict minimum pour favoriser la coopérativité des agents plutôt que de favoriser l’individu. Ainsi il y a 6m²/agent en surface de bureau utile nette, et 13,80m² /agent en surface utile locative. Il a été conçu tout en verticalité, permettant l’ajustement de l’écran, de la lampe (Radian pour l’éclairage), du pot à crayon, du bac courrier dans une logique ergonomique simple... et facilitant aussi le nettoyage du plan de travail ainsi dégagé. La table, d’une mesure de 150X70, permet d’économiser des m² tout en suivant cette logique d’optimisation. Trois mètres de rangement compact permet à chaque utilisateur de s’organiser comme bon lui semble.
 
L’éco-mobilité, valeur phare de SNCF Voyages, se retrouve dans le projet puisque les armoires ont été réduite de moitié grâce au recyclage et à l’archivage. Avec une moyenne d’âge de 47 ans côté SNCF et de 30 ans pour les filiales SSII, les habitudes papier sont différentes. Des opérations de cleaning day ont néanmoins permis de récolter 15 tonnes à recycler, dont les bénéfices ont été reversés à la Fondation de France pour les victimes du séisme haïtien.

Créé par Laëtitia Fritsch le 30/12/2010