CIMENTS FRANCAIS

Ciments Français a rejoint le groupe Italcementi en 1992. La volonté progressive de regrouper toutes les filiales du géant italien a conduit Ciments Français à rechercher en 2004 de nouveaux locaux d’activité tertiaire. L’entreprise louait déjà trois étages de la Tour Ariane à La Défense. A l’achèvement du bail, la question s’est posée de savoir s’il fallait ou non rester dans la tour construite dans les années 70. 

La présence de nombreux clients du groupe sur le pôle de La Défense et la réhabilitation récente de la Tour sont les deux arguments qui ont achevé de convaincre le groupe de conserver cette prestigieuse adresse. Le quartier de La Défense accueille ainsi des collaborateurs français, belges et italiens et l’accessibilité du site facilite les rencontres.


Le Groupe n’occupe plus désormais que deux étages de la Tour Ariane, au lieu des trois investis avant le déménagement. L’objectif était donc de regrouper sur deux niveaux au lieu de trois, le même nombre de collaborateurs (140) en intégrant des salles de réunion et des bureaux de passage pour les visiteurs étrangers. Ceci a conduit à une reconversion totale du principe de fonctionnement qui s’est notamment traduit par le passage de bureaux individuels et fermés à des espaces ouverts de dimensions maîtrisées, à l’échelle des différents départements du groupe.


"Nous sommes passés de 80 à 90 % de bureaux fermés, à un espace totalement ouvert, avec des espaces partagés conçus pour une dizaine de personnes, car l’organisation de la société s’y prêtait bien". Le responsable des services généraux ajoute que « ce gain d’un étage a permis de compenser le fait de rester dans un secteur où les prix sont élevés. Une concentration qu’il a fallu faire accepter à l’ensemble du personnel. Mais le phénomène est d’actualité : lorsque nous nous sommes installés dans la tour il y avait 2 000 personnes, 4 000 l’occupent aujourd’hui ! ».

Chaque plateau de bureaux fait 1 500 m², avec la contrainte de deux couloirs coupe-feu mis en place lors de la restructuration de la tour. La configuration assez étroite du bâtiment a permis de placer tous les bureaux en premier jour. En deuxième jour, se trouvent salles de réunion, salle du conseil et locaux techniques. Les difficultés réglementaires inhérentes à un IGH (immeuble de grande hauteur) ne devaient pas empêcher la modularité de l’espace. Il y a en effet 140 personnes sédentaires, mais les collaborateurs des différentes filiales sont susceptibles de venir temporairement, et l’effectif peut grimper jusqu’à 200 personnes dans ces cas-là. Les espaces de réunion sont donc primordiaux et servent aussi de bureaux de passage. 
A chaque niveau, un espace détente traversant a été mis en place, permettant ainsi d’accéder de part et d’autre du bâtiment. L’organisation des espaces de bureaux a été réfléchie de sorte à créer différents secteurs fonctionnels : direction générale, audit, environnement,...


Les circulations coupe feu, principales et communes à tous les départements sont assimilées dans le concept d’aménagement à des « routes nationales » (voies rapides) et permettent d’accéder rapidement aux différents départements. Chacun s’organise alors suivant un réseau de dessertes qualifié de « départemental ». Ce principe permet d’accéder très rapidement d’un département à l’autre et de minimiser les doublons de circulations (économie d’espace). 
L’implantation des postes de travail a constitué à se décaler des fenêtres pour éviter l’appropriation par tel ou tel de sa fenêtre au dépend de la collectivité, et donc de rythmer les espaces différemment pour être plus flexible en cas de densification. « Au moyen de décoration variée, de couleurs différentes, de moquette qui change, nous avons souhaité privilégier la logique des bureaux par rapport à la logique de la façade », explique Thierry Bogaert. Les espaces bureaux varient de 10 m2 par personne dans les open spaces à 14, 19 et 25 m2 pour les bureaux clos selon quatre niveaux hiérarchiques fixés par les directives groupe… 



Il n’y a eu aucune volonté de garder le mobilier qui n’était plus adapté aux nouveaux espaces. Le poste de travail a été standardisé selon trois typologies : pour les collaborateurs, les directeurs et le comité de direction. « On a voulu homogénéiser les luminaires en laissant le choix aux collaborateurs entre deux modèles », nous explique le DRSG. 
« Nous avons choisi une gamme de mobilier qui correspond aux critères de cohérence de l’image du groupe, un mobilier géométrique, avec une palette de couleur grise - couleur fétiche du ciment, pérenne au niveau du vieillissement, délicate », ajoute Thierry Bogaert, « Nous nous sommes servis du filet jaune orangé du logo Italcementi pour apposer des touches de couleur à l’espace. D’une manière générale, l’aménagement devait être peu ostentatoire, beau mais dans la sobriété et la discrétion ».



Le nouvel aménagement a cherché à gagner le plus de place possible : en plus du choix de l’open space, celui des écrans plats, du positionnement de pieds centraux sous les bureaux... Le déménagement et la réduction des mètres linéaires ont été l’occasion d’un recyclage des déchets, et notamment de 2 à 3 tonnes de papiers ! Chaque collaborateur a été contraint d’archiver ses documents. La réglementation IGH limite d’ailleurs ce genre de stockage.
Certains collaborateurs sont dans l’entreprise depuis 15 ou 20 ans, et il est facile d’imaginer qu’il a parfois fallu faire preuve de conviction pour leur faire accepter à la fois passage en open space, la réduction des m² et le regroupement des imprimantes. Un réel travail de fond en terme de communication a été réalisé en amont, par des réunions avec les ressources humaines et des réunions de concertation avec les managers pour la répartition par départements. 
Les collaborateurs ont pris leurs marques rapidement sur les nouveaux étages. L’environnement, moins confiné, a permis aux gens de communiquer plus facilement : « Même dans l’entreprise depuis longtemps, certains ne se connaissaient pas ! Dans l’ancien aménagement, chacun avait son chauffe-tasse…


Aujourd’hui l’aménagement d’une cafétéria conviviale permet aux salariés des différents services d’échanger et de se rencontrer », précise le DRSG, « Aujourd’hui, même si le poste de travail est réduit, l’installation de petits bridges pour deux et de boxes permet de se déplacer, de changer d’espace, de s’isoler ou de se réunir à deux ».

Seuls deux mois et demi ont été nécessaires pour mettre en place la nouvelle implantation. « Au vu des délais impartis, des contraintes techniques, réglementaires et au niveau groupe, l’opération est plutôt réussie ! » nous confie le DRSG. La collaboration entre Ciments Français et Thierry Bogaert est d’abord une relation de confiance. « Il a fallu intégrer l’esprit et la culture du groupe cimentier que je pratique en France et dans ses filiales étrangères. Cette connaissance personnalisée du groupe m’a permis de transcrire au mieux les désirs de mon client, et de faire passer des idées nouvelles d’aménagements dans un contexte positif sinon toujours favorable et, on peut le dire, au terme de cette opération, tout cela a contribué grandement au plaisir du concepteur ! ». Le Gris « ciment » largement utilisé dans cet aménagement traduit l’attachement du concepteur à la cause cimentière et la perception de raffinement qu’il a de ce produit. Car Thierry Bogaert aime travailler le béton, au point même d’en avoir fait un parfum, « Voile de béton ». Là où certains voient dans le béton un matériau froid et triste, Thierry Bogaert crée la surprise en "bétonnant " de façon chaleureuse le siège de Ciments Français !