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Tribune 
Par Alice Bertrand
Chargée de mission à l'ANVIE Membre du Conseil scientifique ACTINEO |
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Faire de la recherche en sciences humaines un outil stratégique au service de la qualité de vie au travail
Même s’il s’avère difficile d’établir une véritable corrélation entre qualité de vie au travail et performance de l’entreprise, il est indubitable que les deux sont étroitement liés.
C’est pourquoi de nombreuses entreprises, et tout particulièrement celles qui sont réunies au sein d’ACTINEO, sont désireuses de mieux cerner les éléments - nombreux et complexes, pour partie subjectifs - qui contribuent à la qualité de vie au travail aujourd’hui.
Ces entreprises, en se tournant vers l’ANVIE, association qui met en relation le monde des entreprises avec celui de la recherche en sciences humaines et sociales, ont fait le pari de l’intérêt de la recherche en sciences humaines et sociales pour mieux analyser et comprendre les évolutions en cours ou les transformations majeures qui s’annoncent, et faire de l’apport des chercheurs et du dialogue avec eux, une ressource stratégique au service de l’action et du changement.
Pour améliorer la qualité de vie au travail, il s’agit, entre autres :
- de prendre en compte l’évolution de la nature et de l’organisation du travail,
- de décrypter les attentes et la motivation des salariés,
- de renouveler l’approche de l’environnement de travail.
Prendre en compte l’évolution du travail, dans sa nature, ses représentations et son organisation, pour repenser les conditions de la qualité de vie au bureau
Les références classiques du travail : le contrat, le temps de travail, la rémunération, la carrière professionnelle, sont en mutation. La transformation qui s’opère s’accompagne de nombreuses questions : Est-on réellement en train de quitter les attributs du travail taylorien et néo-taylorien pour entrer dans un nouveau travail ? Où en est-on du mouvement de transformation des formes historiques d’organisation et de gestion des entreprises dans une économie qui exigerait toujours plus de flexibilité ? Comment prendre en compte la mobilité accrue des personnes dans le cadre de leur activité professionnelle et anticiper l’impact du développement de l’usage des TIC ? Les réponses qui pourront être apportées à ces questions dans l’entreprise conduiront en même temps à redéfinir l’environnement et les facteurs de la qualité de vie au travail.
La valeur du travail dans la société évolue. Elle est soumise à des phénomènes contradictoires d’appréciation et de dévalorisation : sa rareté (chômage, délocalisations...) tend à en faire un privilège mais sa place et son importance (temps consacré, importance relative, motivation...) sont par ailleurs régulièrement remises en cause. Dans quelle mesure ces évolutions influent-elles sur le moral des salariés ? Comment redonner du sens au travail et renforcer l’implication des salariés ? Quelle place donner à l’aménagement de l’espace de travail en particulier pour y parvenir ?
Manifester la reconnaissance des salariés à travers l’aménagement de l’espace de travail
Au-delà des revendications classiques de certains salariés auxquelles la DRH peut répondre (rémunération, formation, rémunération...), il semble que, plus généralement, les attentes des salariés s’orientent aujourd’hui vers une quête de sens et de reconnaissance dans le travail.
Quelles formes la reconnaissance peut-elle prendre, notamment dans l’environnement de travail et l’aménagement des bureaux ?
Miser sur le bien-être au travail comme levier de performance
Les conceptions du confort et du bien-être en dehors de la sphère professionnelle, se traduisent aujourd’hui par de nouvelles exigences dans le domaine de l’hygiène, du mobilier, du décor, de l’intégration des nouvelles technologies de la communication, de l’éco-conception, de la sécurité...Comment tenir compte de ces évolutions au sein même de l’entreprise et dans l’aménagement des bureaux ?
Par ailleurs, paradoxalement, aujourd’hui, malgré une attention particulière portée aux conditions de travail, le mal-être au travail devient une question lancinante. Il prend des formes de plus en plus diverses : stratégies de défense (démotivation, absentéisme...), manifestations de violence tournées contre soi (pratiques addictives, dépression, suicide...) ou contre les autres (agressivité, agressions...).
Comment comprendre et analyser la multiplication de ces manifestations dans l’entreprise ?
A quelles conditions l’environnement de travail peut-il contribuer à développer un sentiment de bien-être ?
Pour répondre aux enjeux de la santé au travail, liés notamment au vieillissement de la population active et au maintien dans l’emploi de salariés plus âgés qu’auparavant d’une part, et, d’autre part à l’augmentation du nombre de maladies professionnelles (cancers, TMS, surdité...), d’accidents du travail et de troubles psychosociaux (stress, épuisement, dépression, violence...), les efforts de prévention des entreprises se multiplient. Comment tirer parti de l’ergonomie, de l’aménagement des postes de travail et de l’environnement pour apporter des solutions ou trouver des voies d’amélioration ?
Voilà autant de questions sur lesquelles ACTINEO entend faire porter ses réflexions, en nouant un dialogue avec les meilleurs scientifiques de disciplines aussi diverses que sociologie, psychologie, ethnologie, sciences de gestion, management, pour ouvrir les yeux sur des réalités mal vues, ignorées ou minimisées, à partir desquelles innover et réussir à concilier les impératifs économiques (réduction des budgets comme des surfaces) avec l’amélioration de la qualité de vie au bureau.
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