Immobilier

Tours de bureaux, tours infernales ?

« Folie des hauteurs » dans les pays émergents, arrivée annoncée de plusieurs immeubles de très grande hauteur autour de Paris, il est temps aujourd’hui de s’interroger sur ce que l’environnement de travail dans les tours implique vraiment en terme de bien-être et de performance au bureau. 

Alain D’IRIBARNE, Directeur de Recherche au CNRS, Administrateur de la Fondation “Maison des Sciences de l’Homme” et Président du Conseil Stratégique d’ACTINEO a animé une rencontre le 25 mars 2009 avec la participation d'Elisabeth PELEGRIN-GENEL, architecte et psychologue du travail, présidente d’Achinov, auteur de l’ouvrage : 25 tours de bureaux, paru en 2007 aux Editions du Moniteur. En évoquant la symbolique de la tour (celle de toucher Dieu ?), Elisabeth Pélegrin-Genel a remis les tours de bureaux dans une perspective historique et économique. Symbole du capitalisme et de la richesse, le folie des hauteurs a aujourd’hui repris du poil de la bête. Si dans les années 80 les préoccupations tournaient largement autour d’éventuelles pathologies développées par les collaborateurs travaillant dans les tours de bureaux, aujourd’hui le débat se situe surtout autour de l’angoisse de la hauteur, de par son architecture même. Si le salarié est le même derrière son poste de travail, dès qu’il se lève les perspectives sont totalement différentes.

Andrès LARRAIN, architecte directeur administrateur et chef de projet, Agence Jean-Paul VIGUIER. Originaire du Chili, Andrès Larrain a beaucoup voyagé de par la monde de sorte à créer une véritable typologie des tours de bureaux, tant au niveau chronologique que géographique. De la tour "d’à peine" 100m de haut à la tour horizontale, en passant pas la tour divisée en plusieurs parties et d’autres très étroites, quelle semble être la meilleure configuration ?

Patrick CHAUSSE, directeur adjoint de l’immobilier, Société Générale. La politique immobilière de la Société Générale s’appuie sur la ligne A du rer avec trois pôles : Val-de-Fontenay, Paris extra-muros et La Défense : la stratégie est de diminuer le coût de l’immobilier en quittant Paris intra-muros pour La Défense et en équilibrant à Val-de-Fontenay. Les réponses en terme d’immobilier sont diversifiées : à Val-de-Fontenay par exemple, les bureaux seront aménagés plutôt sous la forme d’un campus, avec 4 500 postes de travail à l’horizontale.

José MILANO, directeur des expertises et du développement social, AXA France. Axa France a choisi de quitter une tour verticale de 38 étages à La Défense pour une organisation horizontale. L’immeuble de grande hauteur, construit au début des années 70, arrivait à bout de souffle. Cela les a amené à réfléchir à l’orientation voulue d’un déménagement de grande ampleur : l’idée était de bâtir un projet qui leur permettait de nous retrouver chez eux, un site à taille humaine permettant de faciliter les contacts entre collaborateurs.

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