Stéphanie Cardot - TO DO TODAY

Stéphanie Cardot, directeur Général de To Do today, développe des services sur mesure répondant aux besoins spécifiques des entreprises et des particuliers. C’est donc en spécialiste qu’elle nous parle de l’évolution des services à la personne.

Services à la personne : où en sont les entreprises françaises ?

Dans la foulée du Plan Borloo, la profession s’est organisée. Ou plutôt réorganisée autour de deux entités :

  • Le Syndicat des entreprises de services à la personne créé en 1996, qui s’est renforcé, et qui rassemble une grande partie des producteurs de services à la personne en France.
  • La Fédération des entreprises de services à la personne (FESP) qui regroupe le SESP, les émetteurs de CESU et les enseignes nationales. Cette fédération qui est l’interlocutrice privilégiée de l’agence nationale des services à la personne en France, mène des actions de formation, de professionnalisation, développe une convention collective, etc. Elle a aussi pris part à la création de la Fédération européenne des entreprises de services à la personne, avec ses équivalents belge, suédois ou espagnol. Cela s’est donc structuré aussi au niveau européen.

Pendant la mise en place du Plan Borloo, le public et les médias se concentraient essentiellement sur le CESU et les services à la personne à domicile. Pour notre part, nous développions depuis 2001 la partie services aux salariés, qui s’est développée avec deux produits phares : la conciergerie et la halte garderie d’entreprise. En septembre 2006, Christine Lagarde a annoncé officiellement l’intégration des services aux salariés dans le champ des services à la personne, aux côtés des services à domicile.

Comment évolue votre propre entreprise ?

En terme de conciergerie, le nombre de dossiers augmente d'années en années. Parmi nos nouveaux clients, il y a EADS, Carrefour, L’Oréal, AXA, etc.

Les services ont tendance à être déconsidérés en France, pensez-vous que les mentalités vont évoluer ?

Il est intéressant d’observer que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à souhaiter ce genre de services : les appels d’offres conciergerie ou crèche fleurissent, mais surtout les entreprises sont de plus nombreuses à passer à l’acte. En 2005, un dossier sur deux, voire deux sur trois étaient abandonnés. Aujourd’hui les taux d’abandon sont extrêmement faibles, c’est à dire que les entreprises qui souhaitent se lancer dans ce genre de réflexion aboutissent en général à une mise en œuvre. Auparavant, l’offre était mal appréhendée, les interlocuteurs qui menaient les projets n’étaient pas toujours les bons, parce que il n’y avait pas assez de recul sur les taux d’utilisation des services et l’impact concret qu’ils pouvaient avoir sur les salariés et la politique RH. Pour notre part, nous avons maintenant 6 ans d’exercice, donc 6 ans de statistiques. Nous commençons à avoir de sérieuses références qui donnent des idées aux autres. Ce que nous avons professé depuis le départ, à savoir que les services doivent être "sur-mesure", s’avère vrai.

Pouvez-vous nous donner un exemple de cette offre sur-mesure ?

Carrefour a mis en place cette année un certain nombre de services aux salariés par notre biais. Nous avons commencé par ouvrir une conciergerie au siège de Carrefour Hypermarchés à Evry, avant de répondre à la problématique des hôtesses de caisse (conditions de travail difficiles, fort absentéisme). Nous avons monté un pilote dans le Carrefour de Nice Lingostière, l’un des plus grand de France, avec une conciergerie uniquement axée sur le bien-être : esthétique, relaxation, massages, soins, manucure, etc. En place depuis fin septembre 2006, elle fonctionne très bien. Cet exemple montre au sein d’un même groupe deux offres de conciergerie très différentes, en fonction des populations à satisfaire. Carrefour a également lancé des initiatives en matière de garde d’enfants avec un projet piloté par un des hypermarchés du sud. Parallèlement, le siège de Carrefour Groupe à Levallois-Perret dispose, en sus de notre Conciergerie, de berceaux dans une structure multi-entreprises à proximité. Les entreprises commencent à trouver sur le marché des offres de plus en plus complètes. Nous avons également achevé les travaux d’une halte-garderie à Clamart qui a ouvert le 14 novembre 2007. La problématique était plus immobilière avec une intervention en amont, puisque le propriétaire voulait valoriser son actif en période de commercialisation, en nous demandant d’installer une conciergerie et une halte-garderie dans l’immeuble.

Ces exemples montrent que tout le monde commence à reconnaître l’importance des services aux salariés. Ce qui a changé aussi, est qu’en 2005 il y avait beaucoup d’acteurs non professionnels qui s’étaient lancés dans les services aux salariés : des sociétés de facility management, des plates-formes de services, des sociétés d’accueil. Petit à petit, ils se sont rendus compte que ce n’était pas le même métier, que leur taux de réussite était mauvais, et progressivement le secteur s’est recentré sur de vrais professionnels. Pour conclure, on peut dire que le marché est plus mûr, mieux structuré, plus informé, et plus actif.