Sans bureau fixe

Bruno Marzloff montre que les actifs s’affranchissent des carcans hérités de la révolution industrielle et développent des modèles souples, fondés sur l’autonomie, la communication, la flexibilité des horaires, la possibilité de partager des idées ou des connaissances.

Les nouvelles relations entre la ville et le travail

« Sans bureau fixe ». L’expression fait référence à la dispersion du travail, notamment favorisée par l’essor des terminaux mobiles. Un éparpillement source d’opportunités, mais aussi de difficultés, et qui nous pousse à devoir repenser le couple mobilité-travail.

Car souvent longs, pénibles et chronophages, les déplacements domicile-travail cristallisent des enjeux de qualité de vie, d’économie, d’environnement, et d’aménagement territoriaux. Et le travail, rigidifié dans ses formes classiques, est en tension avec un urbain qui ne cesse de s’étendre.

La presse se fait l’écho de ces tensions. Le 21 octobre, Le Parisien titrait en Une que “deux salariés sur trois en Ile-de-France se disent usés par leurs trajets domicile-travail”. En France, le travail représente 25 % des déplacements et 45 % des kilomètres parcourus. Les trajets augmentent en durée et en coût. Dans le même temps, les modèles du travail se transforment. Ainsi, le bureau classique arrive en dernière position dans le cadre de travail recherché par les étudiants. Seuls 7 % d’entre eux souhaitent encore y travailler. (« Le bureau de demain vu par la génération Y », Le Cercle Les Échos).

Le mode d’organisation des transports, des territoires et l’organisation du travail ne correspondent plus aux besoins et enjeux actuels.

Le livre Sans bureau fixe. Transition des mobilités, transitions du travail » apporte des réponses et des clés pour évoluer rapidement face aux nouvelles articulations entre villes, territoires et travail.

Bruno Marzloff montre que les actifs s’affranchissent des carcans hérités de la révolution industrielle et développent des modèles souples, fondés sur l’autonomie, la communication, la flexibilité des horaires, la possibilité de partager des idées ou des connaissances, etc. Cette dispersion des temps de travail bouscule la ville et mobilise les réseaux du territoire. Le salarié doit couramment parvenir à concilier ses temps – personnel, social, domestique – et le temps professionnel. C’est la fin du métro-boulot-dodo. Beaucoup de travailleurs deviennent des « Sans bureau fixe ».

L’activité professionnelle se déplace de plus en plus hors des locaux de l’entreprise, mais ces travailleurs mobiles ont besoin de « points de chute » et d’ancrage. Le travail se relocalise dans des “tiers lieux”, institutionnalisés ou non, télécentres, espaces de coworking, cafés, gares, bibliothèques, dont certains favorisent l’émergence de pratiques communautaires.

Ce livre nous fait comprendre comment la transformation du travail et des mobilités peut être une chance pour la ville et les territoires. Il explique comment saisir cette opportunité et accompagner ces nouveaux usages, et fournit une vision prospective pour accompagner ces nouveaux usages et répondre aux besoins.

L’auteur : 

Bruno Marzloff est un sociologue français spécialisé sur les questions de mobilité. Il est directeur du Groupe Chronos, cabinet d’études sociologiques et de prospective qui observe et analyse les enjeux des mobilités. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Le 5e écran, FYP Éditions , 2009, Pour une mobilité plus libre et plus durable, avec Daniel Kaplan, FYP Éditions, 2009, Mobilités, trajectoires fluides, éditions de L’Aube, 2005.

Présentation de l’éditeur :

La civilisation de la mobilité prend désormais en compte les transformations du travail. Souvent pénibles et chronophages, les déplacements entre les lieux de vie et de travail cristallisent des enjeux de qualité de vie, d’économie, d’environnement, d’aménagement territoriaux. Les modes d’organisation des transports et des territoires ne correspondent plus aux besoins et enjeux actuels. Les formes statutaires du travail et les actifs s’affranchissent des carcans hérités de la révolution industrielle en développant de nouveaux modes d’organisation. Les travailleurs exercent de plus en plus leur activité hors des locaux de l’entreprise. Ils deviennent « Sans Bureau Fixe ». De nouveaux lieux et communautés de travail émergent : coworking, lieux de travail ouverts, etc. Ce livre rend lisibles toutes les nouvelles articulations entre le travail, les territoires et le transport. Il explique comment évoluer pour accompagner rapidement ces nouveaux usages et répondre aux besoins engendrés par cette refondation du travail et des mobilités.