Quels aménagements spécifiques pour les femmes au bureau ?

La femme apparaît dans les bureaux au début du XXème siècle en France, avec la "dactylo". Ces pionnières sont généralement des femmes de la moyenne bourgeoisie, d’un bon niveau d’instruction, ayant suivi des cours de sténographie et de dactylographie. Le travail de bureau pour les femmes se démocratise et, à côté de la dactylo, une nouvelle figure féminine émerge dans les bureaux : la secrétaire. Ce sont alors les seuls postes accessibles aux femmes dans les bureaux. Tout cela peut sembler bien loin quand, depuis, les femmes peuvent prétendre à toutes les fonctions comme le montrent les quelques 800 femmes dirigeantes rassemblées au Women’s Forum. L’édition 2006, qui a eu lieu début octobre à Deauville, a montré l’énergie et l’espoir que représentent les femmes dirigeantes dans ce qu’elles mettent en œuvre pour établir une égalité. Mais elles font également prendre conscience que nous sommes loin de cet état de fait dans des pays dits emergeants comme la Chine par exemple. La femme au travail reste dissemblable de l’homme à bien des égards, et si certaines différences s’estompent, d’autres, en terme d’aménagement des bureaux par exemple, sont peut être à prendre en compte pour une meilleure qualité de vie des femmes au bureau ! 

Voici quelques observations que nous avons pu faire, ainsi que quelques éléments que nous prenons en considération dans la conception de nos produits...Ces observations, qui relèvent parfois de l’anecdotique, doivent cependant être prises très au sérieux pour certaines d’entre elles, car elles permettent de comprendre certains freins à des actes d’achats ou à un sentiment de bien-être au bureau.


Matières et matériaux :
En été, les robes et jupes deviennent l’uniforme de l’executive woman...La future collection de mode Printemps-Eté 2007 ira encore plus loin, raccourcissant à l’extrême shorts, ou jupes, assortis aux vestes. Les nouveaux ensembles tailleurs deviennent minimalistes, sur leur partie basse...Et dès lors, la position assise, qui peut être très gracieuse, peut aussi devenir un petit cauchemar, pour ces créatures qui hantent nos espaces... Le vinyle classique de certains revêtements (surtout sur les chauffeuses) a une fâcheuse tendance à coller à la peau, ce qui entraîne des zones de sudation, mais aussi des bruits disgracieux, quand la peau essaie de se décoller de la chauffeuse... Les sièges en tôle perforée, les assises en plastiques ajourées, certaines assises en résille, sont autant d’ennemis aux belles jambes. Après quelques instants, ils deviennent de véritables objets de scarification provisoire de vos jambes, mesdames...Des dessins pas toujours du meilleur aloi, viennent strier la chair...comme de véritables indicateurs de l’emploi du temps de la personnes le quart d’heure précédent. Certaines laines également, sur les assises, ont tendance à imiter l’effet du poil à gratter...ce qui conduit ensuite à de bizarres gestes manuels pour apaiser cet effet indésirable.

Par ailleurs, tout objet existe par son formalisme, mais également par la perception sensorielle de ces utilisateurs(trices). En ce sens, certains matériaux sont "froids" en perception visuelle surtout s’ils sont très présents (ex : beaucoup de chromé ou d’alu brossé). Certains matériaux sont "froids" au toucher : le polypro. Sur les manchettes d’accotoirs, par exemple, endroit où l’on pose ses avant-bras, on privilégiera soit des manchettes en polyuréthane (matière un peu molle), soit pour des questions de coût le polypro, et dans ce cas précis, on dessinera un motif, pour donner du relief à la pièce. Enfin, sur certains revêtements, on se demande pourquoi, les femmes posent plus souvent la question de l’entretien que les hommes...Bizarre ?

Formes :
« Aujourd’hui, formes et couleurs ne sont pas à proprement parler, l’adage d’une population masculine ou féminine, au niveau du siège. La seule petite observation que nous avons pu faire, est l’engouement plus rapide, il y a quelques années, des femmes pour les textiles tendus type résille sur les dossiers. Est-ce parce que la pièce dossier devenait plus fine, plus élancée ? Est-ce parce que les femmes connaissaient plus la résistance de ces fibres, et avaient plus confiance ? Certainement un peu de tout cela.

« Par contre, au niveau de l’assise, à une époque, nous nous sommes posés la question de mettre un bossage sur la bavette avant de l’assise, en plein milieu. Ceci a pour conséquence d’obliger à mettre les jambes parallèles à l’axe du siège...Cela s’est avéré très gênant, quand il faut croiser les jambes, car créant un point de compression très désagréable...Nous avons tous (ou presque), fait machine arrière. Toujours au niveau de l’assise, les contre-coque sous assise, qui débordaient légèrement sur l’avant, ont du être modifiées, pour ne pas user certains vêtements, ou filer bas et collants. Les femmes sont très sensibles à ces notions d’usure. Au niveau du dossier, également, les femmes, qui ont l’habitude d’avoir une attitude moins "vautrée" que les hommes, privilégieront un dossier avec une cambrure bien marquée, à première vue des choix proposés.

Fonctions :
Cela a trait essentiellement aux placements des manettes de réglages. Celles-ci doivent être à portée de main, sans déhanchement. Quelques fonctions comme le réglage de la tension du mécanisme, hier sous l’assise, se trouve aujourd’hui positionné latéralement grâce à une molette, ou une petite manivelle. Les femmes préfèrent la molette, qui fait appel à un mouvement de pinces (à condition que cette molette soit suffisamment séparée pour ne pas pincer lors de sa rotation, ou entrechoquer sur un carter quelconque les ongles), plus que la manivelle (dont le mouvement s’apparente plus à la mise en route d’une machine (voir le clip "Cargo de Nuit" d’Axel Bauer !), quand bien même cette manivelle est très discrète. Au niveau de la translation d’assise (profondeur de l’assise), la barre ou le bouton d’actionnement de cette fonction, ne doit pas être au centre de l’assise, obligeant à écarter les jambes (cf certains sièges automobiles d’il y a quelques années)...S’il s’agit d’une barre, elle doit pouvoir avoir deux prises latérales, de chaque côté. En règle générale, les femmes préfèrent que les commandes soient actionnées par des boutons, plus que par des molettes de vissage-dévissage.

Options :
Sur certains produits sièges, on peut trouver des porte-manteaux derrière les dossiers. Nous avons eu quelques demandes également, pour des crochets à l’arrière, pour suspendre le sac. Mais nous constatons que presque aucune personne n’utilise ce crochet, car le sac derrière le dos n’est pas en vue. Nous nous sommes essayés à des exercices, comme par exemple, des manchettes d’accotoirs, qui s’ouvraient, laissant une place pour le rangement de stylo, ou rouge à lèvre...Cette option n’est jamais utilisée (considérée lors de tests utilisateurs avant mise sur le marché, comme des gadgets). En effet, nous touchons ici aux effets personnels, ou que se sont appropriés les utilisateurs (n’avez-vous jamais entendu : qui m’a pris MON stylo ?). En règle générale, une femme ne souhaite pas de différenciation par rapport à un siège d’homme, mais sera plus sensible à certaines fonctions, et cherchera les défauts à l’utilisation, plus facilement ».

Les femmes sont assises différemment !
Certains fabricants allemands ont étudié la manière qu’ont les femmes de s’asseoir au bureau. Ils en ont conclu qu’elles s’asseyaient différemment des hommes et que par conséquent leurs sièges devaient être différents. Gernot Steifensand, fils du pionnier des chaises ergonomiques en Allemagne, F.M. Steifensand, s’est posé la question : Pourquoi les hommes et les femmes sont-ils sur les mêmes sièges dits pourtant ergonomiques ? Pourquoi la taille, le poids, et les différences anatomiques ne devraient-ils pas compter ? Gernot Steifensand, préoccupé par ce sujet, a mené des études. Une observation en contexte réel et une série de mesures ergonomiques lui ont permis de créer un siège ergonomique et confortable respectant les différences hommes-femmes. L’assise est plus courte, avec un système de ressort en son centre et un rembourrage spécialement doux au niveau des cuisses. L’alliance des deux aiderait à lutter contre la cellulite ! Le dossier est flexible et ajustable en hauteur, et soutient particulièrement les deuxième et troisième lombaires, pour les dos délicats des femmes. La forme de la chaise prévient également les douleurs du bas du dos et autres hernies discales. L’assise est dynamique pour stimuler la musculature et la colonne vertébrale, ainsi que la digestion, pour une position saine et confortable. Plus de problèmes de jambes lourdes puisque cette position active la circulation. Et comme les gens diffèrent en taille, le siège existe en modèles S, M, L et XL, pour être sûr qu’une salariée d’un 1,55m soit installée aussi confortablement que sa collègue qui a 30 cm de plus ! (tiré de LADYSITWELL – Le siège de bureau pour les femmes).