Peut-on travailler dans un bureau de moins de 15 m² ?

L’optimisation de l’aménagement de l’espace de travail est facteur d’efficacité, de valorisation et donc de confort et bien être pour ses utilisateurs (cf. résultats du baromètre ACTINEO / CSA 2013). Cet espace constitue le moyen indispensable à la bonne réalisation de l’activité de l’employé du tertiaire, que ce soit en termes d’efficacité, de productivité, de réduction des gênes causant d’éventuelles pathologies et de satisfaction.

 

L’espace de travail en cinq points : 

1. Dimensionner la surface de bureau en fonction du nombre d’occupants et de leurs activités et matériels

2. Choisir du mobilier (chaise, table et rangement) en respectant les normes en vigueur

3. Assurer un éclairage suffisant (indirect (plafonnier) et direct (lumière d’appoint au poste de travail)) de l’espace de travail, en évitant les reflets

4. Assurer une ambiance acoustique convenable (cloison, isolement des sources de bruits)

5. Assurer une bonne régulation de la température ambiante.
 
L’espace de travail comprend une pièce, individuelle ou partagée (bureau paysager ou bureau collectif  notamment), ainsi que l’ensemble des mobiliers et équipements dédiés. Travailler sur l’espace de travail consiste à le considérer individuellement et de la façon suivante :

  • le débattement du poste (mouvements de l'opérateur inhérents à son activité)
  • l'emplacement des meubles et autres équipements d'utilisation permanente
  • l'emplacement de ceux d'utilisation occasionnelle (plus ou moins distants de l’opérateur suivant la fréquence d’utilisation)
  • l'espace à destination collective qui comprend :
    • l'espace de circulation (au moins une personne)
    • l'espace de communication (échanges verbaux, visuels, gestuels et autres entre opérateurs)

 

Problèmes au bureau

Le poste de travail constitue la pièce incontournable de l’aménagement des espaces tertiaires. Les deux éléments principaux qui le composent (la table et le siège) se doivent d’être fonctionnels et adaptés, répondant ainsi aux besoins des utilisateurs dans leur activité quotidienne.
Au-delà de cette analyse, il existe des critères objectifs, répondant à des normes médicales et ergonomiques qui permettent de déterminer la qualité du poste de travail (table et siège).
La table de travail est bien souvent encombrée par des piles de dossiers et autres objets : ainsi, 7 salariés sur 10 avouent que leur surface de travail est avant tout une surface de stockage leur permettant d’atteindre facilement les documents nécessaires à leur travail.
C’est le paradoxe du travail de bureau : même si le travail n’est pas statique, si les collaborateurs aiment à se déplacer, ils n’apprécient pas de devoir le faire dans le cadre de leur travail effectif. Malmenée, négligée, la surface de travail constitue toutefois un élément essentiel dans l’organisation fonctionnelle du poste.
Aussi est-il important de réaliser une analyse préalable de l’activité du salarié afin de lui proposer un poste adapté et fonctionnel.

 

Les surfaces et dimensions des bureaux

La surface minimale recommandée est de 10 m² par personne, que le bureau soit individuel ou collectif. Si d’après l’analyse du travail, il est nécessaire d’ajouter du mobilier, des équipements ou d’autres dispositifs, cette surface doit être augmentée en conséquence. Si l’activité principale des occupants d’un bureau collectif est fondée sur des communications verbales, il et nécessaires de prévoir au moins 15 m² par personne pour limiter les interférences entre locuteurs, sauf s’il s’agit de communications entre les occupants eux-mêmes (cf. calcul de la surface de bureau dans la norme NF X 35 -102).

La forme des locaux doit permettre à chacun de s’y repérer, il est donc recommandé d’éviter, par exemple, les formes cubiques ou sphériques avec répétition de formes identiques. De plus, pour des motifs de résonnance acoustique, il est souhaitable que les trois dimensions des locaux soient des nombres premiers entre eux. En règle générale la longueur doit être inférieure à deux fois la largeur pour des bureaux de moins de 25 m², et trois fois pour des bureaux de plus de 25 m².

La largeur des bureaux sera fonction du système modulaire choisi, mais doit permettre des agencements de postes variés sans qu’un bureau soit face à une paroi. La longueur doit tenir compte des dimensions des placards muraux ou d’armoires. La hauteur libre entre plancher et plafond doit être au moins de 2.50 m voire 2.70 m pour permettre un éclairage indirect (les luminaires doivent être installés à au moins 0.6 m du plafond). Les circulations doivent avoir une largeur minimale de 0.80 m pour autoriser le passage d’une personne et de 1.50 m pour que deux personnes puissent se croiser. Les machines bruyantes (photocopieuses, imprimantes…) devront être isolées ou installées dans un local à part ventilé.

 

A la question « peut-on travailler dans un bureau de moins de 15m² ? »…

…. Il conviendra d’y répondre que tout est question d’aménagement et de réflexion de la place de l’opérateur dans un environnement dédié à l’exécution de son activité. Les normes nous parlent de 10m² minimum (15m² pour des espaces où la communication verbales est prépondérante (centres d’appels)) par personne. Dans un contexte où la tendance s’oriente vers les open space, il devient indispensable de ne pas négliger la possibilité qu’a un espace de travail d’offrir une personnalisation et une individualisation de l’espace proche de l’opérateur. Les aspects normatifs et réglementaires prennent eux aussi plus de place et sont de véritables pistes de recommandations. Rappelons que le baromètre actineo / csa nous informe que l’opérateur est conscient qu’un aménagement adéquat des bureaux offre davantage de moyens à la recherche du bien être au travail.

 

Par Julien Barthelat - ergonome
Institut Technologique FCBA
Pôle Ameublement
Mise à jour par Clément Grangé – Ergonome
Institut Technologique FCBA
Pôle Ameublement

Principales données ergonomiques pour l’aménagement du bureau – ED23 - INRS

Les surfaces et dimensions des bureaux 
Article R 235-3-16 : dimensions des espaces de travail en bureau :
La dimension des locaux de travail est évoquée dans l’article R 235-3-16 du code du travail :
« Les dimensions des locaux de travail, notamment leur hauteur et leur surface, doivent permettre aux travailleurs d’exécuter leur tâche sans risque pour leur sécurité, leur santé ou leur bien-être. L’espace libre au poste de travail, compte tenu du mobilier, doit être prévu pour que le personnel dispose d’une liberté de mouvement suffisante. Lorsque, pour des raisons propres au poste de travail, ceci ne peut être respecté, il doit être prévu un espace libre suffisant à proximité de ce poste. »

Norme NF X35-102 : dimensions des espaces de travail en bureau :
L’article R 235-3-16 du code du travail fixe les objectifs sans préciser de dimensions, mais la norme NF X35-102 « Dimensions des espaces de travail en bureau » peut être prise en référence.


Cette norme recommande une surface minimale de 10m² par personne, que le bureau soit individuel ou collectif. L’ajout de mobilier et d’équipement supplémentaire doit conduire à l’augmentation de cette surface. La norme précise que dans le cas d’un bureau collectif, ou l’activité principale est fondée sur des communications verbales (centre d’appel téléphonique par exemple), il est nécessaire de prévoir au moins 15 m² par personne afin de limiter les interférences entre locuteurs, sauf s’il s’agit de communication entre les occupants eux-mêmes.

Concernant la forme des locaux de travail, cette norme NF X35-102 précise de plus que :
elle doit permettre à chacun de se repérer : éviter les formes cubiques ou sphériques avec répétition de formes identiques pour des motifs de résonance acoustique, il est souhaitable que les trois dimensions des locaux soient des nombres premiers entre eux afin d’éviter les bureaux « couloirs », la longueur de ceux-ci doit être inférieure à deux fois leur largeur pour les bureaux de moins de 25m², et trois fois leur largeur pour les bureaux de plus de 25 m². Enfin cette norme fixe la largeur minimale de 0,80 m pour autoriser le passage d’une personne et 1,50 m pour le croisement de deux personnes.

Le mobilier de bureau :
De nombreuses normes existent concernant le mobilier de bureau, celles-ci peuvent être étudier dans le référentiel de certification nf bureau sécurité confortique. Ce référentiel fixe l’ensemble des prescriptions techniques concernant le mobilier de bureau faisant l’objet d’un marquage NF. Ces prescriptions techniques concernant à la fois la résistance des composants utilisés dans le mobilier (panneau, textile, mousse), ainsi que la résistance, la sécurité et les dimensions des produits finis. Voici les principales normes concernant le mobilier de bureau :

Le siège de travail 
Mobilier de bureau – Sièges de travail :
La norme principale concernant le siège de travail est la norme ISO 1335, composée de trois parties :
Partie 1 : Détermination des dimensions
Partie 2 : Caractéristiques générales de sécurité – Exigences de sécurité
Partie 3 : Méthodes d’essais – Sécurité 


La table de travail :
La norme principale concernant le siège de travail est la norme NF EN 527 : Mobilier de bureau – Tables de travail de bureau composée de trois parties :
Partie 1 : Dimensions
Partie 2 : Exigences mécaniques de sécurité
Partie 3 : Méthodes d’essais pour la détermination de la stabilité et de la résistance mécanique de la structure.

Le rangement :
La norme principale concernant le siège de travail est la norme NF EN 14073 : Mobilier de bureau – Rangements :
Partie 1 : Terminologie
Partie 2 : Exigences mécaniques de sécurité
Partie 3 : Caractéristiques physiques et mécaniques de la structure

L’ambiance de travail 
L’ambiance lumineuse :
NF X 35-103 : Principes d’ergonomie visuelle applicables à l’éclairage des lieux de travail.
L’ambiance thermique :
NF EN ISO 7730 : Ergonomie des ambiances thermiques - Détermination analytique et interprétation du confort thermique par le calcul des indices PMV et PPD et par des critères de confort thermique local

L’ambiance acoustique :
NF-S 31-080 : 2006 Acoustique – Bureaux et espaces associés – Niveaux et critères de performances acoustiques par type d’espace.

Le mobilier de bureau :

• Le siège de travail : Le siège doit assurer un confort et une liberté de mouvement. Aussi, l’assise sera-t-elle réglable en hauteur (420/510 mm) et son dossier, d’une hauteur de 360 mm minimum, adapté à l’utilisateur. La hauteur du point le plus saillant sera comprise entre 170 et 220 mm. Le siège comportera 5 points d’appui avec roulettes. Un repose-pied sera mis à la disposition des personnes qui en font la demande.

  • La table de travail : La table ou le plan de travail doit avoir une profondeur minimum de 800 mm, pouvant aller jusqu’à 1000. Elle doit permettre une disposition flexible de l’écran, du clavier, des documents et autres matériels et notamment garantir que l’unité centrale et les câbles ne gêneront pas les travailleurs. L’écran doit être placé perpendiculairement à la source de lumière du jour et à plus d’1,5 m de cette source, pour éviter les reflets et maintenir un contraste suffisant. La différence de distance œil-écran et œil-clavier ne devra pas être supérieure à 20 cm. L’angle du regard sera de 10 à 20° sous l’horizontale et l’écran orienté perpendiculairement. Les avant-bras auront une position horizontale et parallèle au plan de travail.

  • Le rangement : Les éléments de classement, type caisson, participent au confort du salarié et facilite son travail. Aussi doivent-ils être choisis en fonction de l’activité de la personne (nécessite-t-elle de nombreux éléments de rangement ? doivent-ils obligatoirement être situés à proximité de son bureau…), des fonctionnalités attendues et de l’aménagement global de l’espace.

  • Les matériaux seront notamment choisis pour éviter les décharges électrostatiques. Les couleurs de l’espace de travail contribueront à créer une atmosphère agréable. D’autres éléments contribuent au bien être des collaborateurs ou, à l’inverse, peuvent être sources de nuisance. Ce sont la lumière, la température, le bruit. Au-delà des critères à respecter afin d’améliorer ces paramètres d’ambiance (voir ci-après), il est généralement admis que un sentiment de confort et de bien-être supplémentaire de la part du salarié dès lors que ce dernier peut intervenir sur le réglage de ces paramètres. Les matériaux seront notamment choisis pour éviter les décharges électrostatiques. Les couleurs de l’espace de travail contribueront à créer une atmosphère agréable. D’autres éléments contribuent au bien être des collaborateur ou, à l’inverse, peuvent être sources de nuisance. Ce sont la lumière, la température, le bruit. Au-delà des critères à respecter afin d’améliorer ces paramètres d’ambiance (voir ci-après), il est généralement admis que un sentiment de confort et de bien-être supplémentaire de la part du salarié dès lors que ce dernier peut intervenir sur le réglage de ces paramètres.

 

Les ambiances de travail :

L’ambiance lumineuse
Les locaux de bureaux doivent avoir une vue sur l’extérieur. L’éclairage du local doit profiter au maximum de la lumière naturelle en facilitant la pénétration de la lumière du jour. Techniquement, l’éclairage au poste de travail dans un bureau doit assurer un minimum de 250 lux et pouvoir être élevé à 500 lux en fonction des besoins ; plus précisément, 200 à 300 lux sont nécessaires pour le travail sur écran et 500 lux pour un travail d’écriture. Il ne doit pas y avoir de source lumineuse dans un champ situé à 30° au-dessus de l’horizontale de l’œil, face à l’utilisateur.

L’ambiance thermique
Elle participe aussi au bien-être. Une température de 20 à 24° C l’hiver et de 23 à 26° C l’été devra être respectée. La différence verticale de la température entre les chevilles et l’œil sera de 3°C maximum. L’humidité relative sera idéalement de 60 à 65 % avec un minimum de 40 %.

L’ambiance acoustique
Dans les locaux de bureaux, selon la norme Afnor NFX35-102, le niveau acoustique continu doit se situer entre 35 dB(A) et 55 dB(A) qui ne doivent pas être dépassés. Le matériel bruyant (photocopieurs, fax...) sera isolé ou installé dans un local à part ventilé ; en effet, le bruit émis par chacun de ces équipement mesuré à 1 mètre ne doit pas dépasser 40 dB(A).

 

Au-delà du poste de travail...

Outre le poste de travail et l’ambiance immédiate, il est également important d’aménager l’espace de manière adéquate. C’est à dire, créer un aménagement qui répond à des objectifs (intégration de nouvelles technologies, accroissement des effectifs, meilleure communication, meilleure organisation,…). Chaque espace devra être pensé en fonction de sa destination (salle de communication, bureaux polyvalents pour professions nomades,…).