Pascal IMBERT - SOLUCOM

Entretien avec Pascal Imbert, Président du directoire de Solucom qui a mis en place une politique spécifique d’aménagement des espaces.

Vous avez mis en place une politique spécifique d’aménagement de vos espaces : quels en ont été les éléments déclencheurs ?

Notre motivation essentielle était de favoriser nos recrutements. Or, l’emplacement géographique de Solucom, situé à Saint-Quentin en Yvelines, n’était pas satisfaisant sur ce point. Nous avons décidé de déménager. Cette opération allait non seulement nous permettre de nous rapprocher de Paris mais aussi de créer un cadre valorisant aux yeux des candidats que nous souhaitons recruter. Au cours des quelques heures d’entretiens, il faut qu’ils acquièrent le sentiment qu’ils vont se sentir bien dans cet espace de vie. Au-delà de ce premier ressenti, nous souhaitions que les choix d’aménagements véhiculent clairement notre culture d’entreprise, qui est très forte. Notre ambition était de créer un environnement qui porte un certains nombre de messages subliminaux à destination des candidats. Notre deuxième motivation consistait à regrouper, sur un même site, les trois implantations du groupe. En effet, je considérais que cette dispersion dans des locaux différents était un frein à la synergie des entreprises. En revanche, notre volonté était de réussir ce regroupement tout en respectant les identités propres de chacune des entités. Enfin, notre troisième motivation était de nous rapprocher de nos clients. Aujourd’hui il est agréable de constater que, alors même que notre métier ne le favorise pas, un nombre croissant de réunions sont organisées dans nos locaux. Je pense d’ailleurs que, à l’instar des candidats, les locaux peuvent contribuer à véhiculer un certains nombre de messages à destination de nos clients.

Comment définiriez-vous cette démarche ? quels sont ses objectifs ? par qui est-elle portée ?

La politique d’aménagement de nos nouveaux locaux a été portée par la directrice des ressources humaines et moi-même. La DRH a joué un rôle fondamental de communiqcation et de sensibilisation, notamment en amont de l’opération de déménagement, afin de désamorcer tout risque et valoriser l’opération. Du point de vue du management, les messages ont été portés par les dirigeants de chacune des filiales directement auprès de leurs collaborateurs. En ce qui concerne le choix des locaux et leur aménagement, nous souhaitions qu’ils soient valorisant et que nos collaborateurs (actuels et futurs) en soient fiers, que l’immeuble soit beau et que le cheminement pour s’y rendre soit non seulement facile mais aussi agréable. Une autre de nos exigences était de disposer d’un plateau unique et que les trois sociétés soient réunies sur un seul niveau afin de créer, de fait, une synergie extrêmement forte. Ceci contribue notamment à créer une très grande facilité de communication, une fluidité des échanges. Ces différents points nous ont amené à privilégier La Défense.

Considérez-vous que l’aménagement de bureau soit un élément stratégique de management ? En quoi ?

Du fait de son activité, Solucom a traversé une période de crise durant laquelle nous avons demandé beaucoup à nos collaborateurs. L’année 2004 a vu la sortie de la crise et fait le constat de bonne résistance de Solucom. Afin d’éviter tout essoufflement, nous avons élaborer un nouveau plan de développement sur trois ans afin de booster l’entreprise avec des ambitions fortes. Aussi, j’ai pensé que nous pouvions faire du déménagement le symbole d’un nouveau point de départ, de cette nouvelle phase de développement. Cette renaissance s’est également traduite par la volonté de « changer de peau » ce qui nous a conduit à remplacer l’intégralité du mobilier afin qu’il soit complètement nouveau. Par ailleurs, le mobilier valorise nos investissement immobiliers. Nous avons choisi un mobilier qui soit conforme à l’esprit de l’entreprise, notamment dans les coloris et les matières. Nous souhaitions que pour ce nouveau départ, notre mobilier véhicule ce qu’est Solucom.

Je dirais que l’aménagement de nos espaces traduit concrètement la volonté de Solucom de créer un sentiment de proximité et de favoriser la communication et les échanges ; les locaux ont été aménagés et organisés avec cette volonté de communication ; le management est parfaitement intégré sans distinction particulière. Nous souhaitions également privilégier la transparence  : toutes les cloisons sont vitrées ce qui permet une vraie lumière, même dans les bureaux de deuxième jour ; cela permet aussi que tout le monde voit tout ce qui se passe dans l’entreprise. Dans le même esprit, nous avons créé une salle de détente qui donnent envie aux salariés de s’y rencontrer, d’échanger ; c’est donc un espace complètement ouvert et intégré aux locaux. Enfin, de façon à ce que les gens se croisent, il n’existe qu’une seule entrée chez Solucom.

Dans ce cadre, avez-vous mis en place un baromètre vous permettant de mesurer la satisfaction de vos salariés ?

Pas du tout ; du moins, pas encore… En revanche, nous avions mis en place une communication très construite et permanente pour accompagner le déménagement sur toute la période.

Quel investissement consacrez-vous chaque année à l’aménagement d’espace et au mobilier de bureau ?

Pour ce projet, nous avons cassé notre tirelire ! Le projet de d’aménagement incluant le mobilier nous a coûté entre 700 et 800 euros pour 170 positions de travail sachant que le société compte sur Paris 230 collaborateurs ; plusieurs de nos consultants étant mobilisés sur des projets dans les locaux de nos clients.

Votre bureau, vous l’avez choisi vous-même ?

J’ai choisi l’emplacement et la configuration afin de favoriser une proximité avec certaines équipes et certains colaborateurs. Sinon, le mobilier est standard ; il n’existe pas de distinction entre le mobilier destiné aux dirigeants et les autres. Sur le domaine technique des infrastructures de système d’information, le Groupe a choisi de pratiquer un métier unique de conseil en se positionnant comme Architecte. En tant qu’Architecte, SoluCom est un véritable lien entre les grandes entreprises, et les offreurs de solutions d’infrastructures (opérateurs, constructeurs, éditeurs, équipementiers, intégrateurs…).