Olivier PEYRICOT - Designer IDSland

Rencontre avec Olivier Peyricot sur le thème : Le bureau, future interface homme-machine ?

Pouvez-vous évoquer quelques-uns de vos principaux travaux ?

J’ai une formation de designer industriel. Je suis associé à des architectes, designers et graphistes au sein de l’agence IDSland. La création de mobilier mais aussi de revues de design nous ont aidé à développer la philosophie qui nous guide dans tous nos travaux : la pensée mobile. Nos projets ? Des projets expérimentaux, du typeGround 01 exposé au Centre Georges Pompidou, des recherches sur le cadre de vie (photo 1), le conceptVigilhome pour la collection MoMa de New-York (photo 2). Nous avons travaillé pour des éditeurs de mobilier français et italiens, sur le réaménagement du BHV, ainsi que sur des concepts hôteliers. Nous avons obtenu une carte blanche VIA en 2003 intitulée Wear your site. Actuellement, nous développons un projet de luminaires pour la Fondation de France. Comme toute agence de design, nous sommes très éclectiques.

Qu’est ce qui vous a incité à participer à la consultation prospective ACTINEO/VIA ?

J’ai répondu à l’appel d’offre du VIA parce que, depuis longtemps, je travaille sur les problématiques d’interface informatique et sur la modification du cadre de travail par la présence des logiciels et des systèmes informatifs. Le deuxième pilier de mon projet se situe côté expertise : Quand devient-on expert et a-t-on besoin de renforcer son expertise par du matériel du type mobilier de bureau ? Et n’y a-t-il pas déficit d’offre ? Pour ces deux raisons, nous avons répondu par une intention et avons été retenus. Notre objectif est d’arriver à un prototype virtuel, le meilleur moyen de communiquer étant de montrer la fonctionnalité du projet pour tester ce nouveau principe d’organisation du travail. 

 

La modélisation virtuelle du projet est-elle importante pour vous ?

Il faut aller au bout du projet pour toucher l’utilisateur final. Le designer travaille en tenant compte du contexte socio-économique mais en même temps il s’inscrit dans le rêve et doit faire envie. Il combine les contraintes de réalité économique, de réalisation et de production, et un aspect plus sensible. Il n’est ni dans une composition artistique ni dans une approche fonctionnaliste. Il se situe entre les deux. Ses problématiques sont contextuelles, il fait du rêve réaliste !

Pouvez-vous évoquer votre projet pour ACTINEO ?

Le but de mon projet est de positionner l’industriel du mobilier de bureau entre l’industriel informatique, le producteur de logiciel et l’utilisateur, de faire le lien entre logiciel, machine et usager. Le bureau devient technologique, interactif. C’est sur ce créneau que les industriels de bureau pourront se situer demain. Les ordinateurs deviennent de plus en plus portables. Pour que les bureaux ne perdent pas leur spécificité, leur technicité et leur expertise, ils doivent intégrer les nouvelles technologies dans leur conception même. D’où la thématique de l’expertise dans le mobilier de bureau. Il existe un expert pour configurer l’ordinateur mais pas pour l’usager habituel du bureau. Mon projet tente de réimpliquer les gens dans la performance produit et essaie de créer un lien avec l’industriel. A un certain moment du projet, le travail du designer s’arrête et est relayé par les industriels du mobilier de bureau. Ces derniers interviennent pour creuser l’un ou l’autre point selon leur problématique et expertise. J’ai beaucoup travaillé sur les concepts de flux d’informations et de mobilité.