Conseil

Objets connectés et travail

Un environnement de travail constitue un ensemble formé par des éléments matériels et humains qui est susceptible d’influencer un opérateur dans ses activités quotidiennes. L’environnement de travail est en constante évolution et connaît un essor grandiloquent avec l’avènement de l’IOT (Internet Of Things). Beaucoup d’entreprises se posent des questions concernant leur politique globale de santé et bien-être dans leurs locaux. Aujourd’hui, il existe des produits et des services innovants qui sont susceptibles d’apporter des réponses. Cependant, il est nécessaire de se protéger de l’effet « whaou » des objets connectés et de les intégrer efficacement dans des environnements de travail où ils ont un réel rôle à jouer.

 

Conditions d’hygiène et de sécurité

L’environnement d’un lieu de travail désigne les conditions de sécurité et d’hygiène des locaux. Ces conditions sont à maîtriser par l’employeur pour qu’il puisse proposer aux employés un environnement de travail de qualité.

 

Température, taux d’humidité, intensité lumineuse, bruit… Posée dans un bureau, la Rubix Pod mesure pas moins de douze paramètres en continu. Son rôle : surveiller la qualité de l’environnement de travail des salariés. Leur ressenti, qu’ils peuvent partager, et la collecte de données objectives permettent une cartographie précise du niveau de confort au travail. Un outil utile pour les DRH, qui pourrait aussi trouver sa place en milieu industriel et dans des lieux accueillant du public.

(https ://www.rubixsi.com/fr/).


Favoriser l’attractivité de l’environnement de travail pour jouer sur la productivité


L’attractivité d’un environnement de travail passe par sa capacité à favoriser le bien-être de l’employé pour qu’il puisse jouir de toutes ses habilités physiques, cognitives, psychiques et morales.
Il est donc nécessaire de mobiliser les outils favorisant les interactions entre employés / équipes pour transmettre des informations pertinentes en temps voulu et accomplir ses tâches suivant un rythme qui nous est propre.
Dans cette idée, nous pouvons trouver des tableaux interactifs en salle de réunion où il est possible d’interagir à plusieurs sur un seul et même outil et d’en sauvegarder des images.

L’employé peut donc interagir à tout moment et revoir sa copie le cas échéant. Travailler avec des systèmes interactifs agrémentent la créativité des salariés qui peuvent s’épanouir dans des groupes projets où il est important d’apporter sa pierre à l’édifice.

D’une façon plus spécifique, pour contextualiser un projet en cours de développement (conception de produit d’ameublement par exemple), il existe des outils de virtualisation permettant à des équipes projet de s’immerger dans un environnement 3D et pouvant interagir avec de façon basique (ouvrir / fermer des tiroires, portes…, changer de textures les objets, meubles,…, déplacer des meubles…). Ceci permet, par exemple, de passer en revue une gamme de produit qui prendra place dans un environnement virtuel. L’employé se rend compte ainsi des objectifs attendus par la conception du produit. (https ://www.vr-bnb.com/en/listing/666-immersive-virtual-reality-room-cave).

Ces espaces sont donc attractifs pour les salariés et peuvent être associés à des endroits plus terre-à-terre comme des espaces détentes et des espaces de réunions informels (machine à café…).

 

Le stress au travail, un enjeu primordial pour les entreprises


Chaque entreprise espère secrètement pouvoir connaître l’état de stress de ses employés afin de leur proposer des réponses adéquates suivant leur état.
Il existe un enregistreur d’activité, Spire, qui se porte en broche (poitrine ou ceinture) et qui suit le niveau de stress de l’employé via sa respiration. S’il détecte un pic de tension, l’objet se met à vibrer discrètement et l’application en lien avec l’objet propose alors des exercices de relaxation. (http://www.objetconnecte.net/spire-anti-stress-connecte/)

Spire apporte des fonctionnalités comme le suivi de l’activité cardiaque ou les pas et mesure alors vos moments d’inactivité ou vos moments de stress. Cependant, il reste un « wearable » et pour les adeptes des montres connectés il n’apporte pas de plus-value, si ce n’est les exercices de relaxation.
Dans un autre registre, davantage lié au produit d’ameublement, le bureau connecté Gaze Desk http://www.gaze-lab.com/gazedesk.html. Ce bureau se connecte à vos appareils en Bluetooth et vous permet de surveiller votre niveau de santé dans des postures assise ou debout grâce à un tapis. Il s’ajuste selon votre taille et votre poids et peut manuellement être ajusté davantage si nécessaire. Il vous propose de vous lever s’il détecte une activité assise supérieure à 2 heures.


L’intelligence de l’alliance de la technique et de la pratique


Ces objets ou produits connectés restent des gadgets s’ils sont utilisés de façon sporadique ou hors d’une politique plus globale de prévention du stress ou d’amélioration de la qualité de vie au travail. Il est important de les intégrer intelligemment sur le lieu de travail et qu’ils répondent aux questions essentielles posées par la politique de bien être de l’entreprise concernée.
L’opérateur reste la clé du succès et il est nécessaire de lui apporter de la considération et de la reconnaissance sur son lieu de travail. Certains aspects du stress professionnel sont liés par ces manques de considération qui ne peuvent être résolus par de simples gadgets connectés. Ces derniers peuvent avoir un revers de médaille et être perçus comme des « trackeurs d’activité » de la part des salariés à destination des ressources humaines ou des manageurs. Il est donc important d’impliquer au maximum les salariés dans ces changements, et créer des groupes de travail où les réponses émaneront d’un collectif. Ceci participera à l’émancipation du salarié et à son enracinement dans les décisions politiques de son entreprise, et à cette dernière à renforcer sa compétitivité.

Document rédigé par Clément Grangé, consultant ergonome à FCBA, août 2017.