Les Français et le travail sur écran

Les résultats utilisés pour réaliser ces tris croisés sont consultables dans le dernier Baromètre France ACTINEO. 

Dans cette analyse, Alain d’Iribarne s’est évertué à croiser les statistiques des répondants avec les résultats du travail sur écran. Existe-t-il de grandes différences entre les collaborateurs qui passent moins de 2 heures par jour devant leur écran et ceux qui y passent plus de 8 heures ?

Il semblerait que les différences socio-démographiques entre ces deux extrêmes soient faibles voire nulles, en particulier si l’on considère l’âge des répondants, ce qui va à l'encontre de l'idée que les jeunes seraient constamment devant leur écran. En revanche, la durée de présence est significative. Ceux qui passent le moins de temps devant leur écran sont les plus nomades. Ils sont d'autant moins souvent à leur poste de travail qu'ils n'ont pas de bureau attitré. Leur entreprise étant plus souvent que les autres dotée d'une salle de repos, ils y passent le plus clair de leur temps. Ils estiment tout à fait logiquement que la qualité de l'aménagement de leur salle de repos est plus importante pour leur qualité de vie que l'aménagement de leur bureau ! La formation professionnelle prend également une plus grande importance dans leur travail, puisqu'ils ont un ancrage relativement faible dans le « matériel » que constitue leur bureau.

Ceux qui passent le plus de temps devant leur écran passent également le plus clair de leur temps dans leur entreprise, sont cadres et travaillent en open space. Ils restent plus que la moyenne à leur poste de travail tout en utilisant moins les espaces de travail informel partagés. Alors que leur entreprise dispose souvent d'un coin café, ils sont proportionnellement aux autres moins utilisateurs de ce dernier. Étant plutôt sédentaires à leur poste et isolés devant leur écran, on comprend mieux pourquoi ils accordent plus que les autres de l'importance à la climatisation et moins à la relation avec leurs collègues. On comprend moins pourquoi ils accordent peu d'importance à la qualité de vie au travail. Serait-ce un ajustement par rapport à cette situation avec un investissement social qui se ferait ailleurs ?

Il existe une nette corrélation entre la durée de travail sur écran et les questions de santé, mais aussi entre la durée de travail sur écran et les jugements portés sur la qualité de l’environnement de travail et sur les efforts faits pour les améliorer. La vision est beaucoup plus négative que la moyenne pour ceux qui passent plus de 8h/j devant leur écran, et beaucoup plus positive pour ceux qui passent moins de 2h/j devant leur écran. Rappelons que ceux qui passent beaucoup de temps devant un écran sont le plus souvent cadres et en open space, mais en même temps plus renfermés sur leur poste de travail, voire sur eux-mêmes avec une socialisation plus limitée. Plus le temps passé devant un écran augmente, plus les indicateurs de santé se dégradent. Mais il faut être attentif à ne pas créer une relation causale trop directe et simpliste entre le temps passé devant un écran et la santé. D’autres critères associés entrent en ligne de compte, comme les open space dont les aménagements seraient de mauvaise qualité ou mal adaptés. Alors qu'on s'attendrait à des attitudes plus positives de la part d'une population comportant plus de cadres que la moyenne, l'ensemble donne une perception et un vécu relativement négatifs de la vie au travail.

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