L’entreprise vaccinée contre la grippe ?

Voilà plus de 40 ans que la dernière pandémie grippale a frappé le monde. Mais en 2009, nous sommes beaucoup mieux préparés à combattre les épidémies.

Les moyens de communication se sont considérablement améliorés et les antiviraux, comme Tamiflu ou le Relenza, font maintenant partie de l’arsenal courant du système de santé. Les moyens de surveillance se sont perfectionnés, les tests diagnostics sont plus rapides et plus précis et nos connaissances sur la fabrication des vaccins contre la grippe s’est améliorée. Une campagne de vaccination nationale a d’ailleurs débuté en novembre 2009 dans 1 060 centres, avec l’objectif de vacciner près de 6 millions de Français. Au total, le gouvernement a acheté 94 millions de doses de vaccin pour 712 millions d’euros. Mais il reste que, hormis les conséquences sur la santé, les pandémies de grippe ont des conséquences néfastes sur le fonctionnement habituel de la société, sur l’ économie et sur les lieux de travail. Au plus fort de l’épidémie, le taux d’ absentéisme pourrait gripper jusqu’ à 49 %, soit 1 salarié sur 2  ! Selon l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire), le pourcentage de malades sur la population totale pourrait être compris entre 2,5 et 7,5 % lors des 3 plus fortes semaines de la pandémie, auquel il faut ajouter les réactions de peur et la nécessité de s’occuper des malades et des enfants, soit une estimation de 25 % d’ absentéisme tout au long de la vague pandémique (8 à 12 semaines)  ; et jusqu’à 40 % au plus fort de l’épidémie (2 semaines). 

Les conséquences d’ une pandémie en entreprise

Cette pandémie grippale représente un risque probable, non seulement sur le plan humain, mais aussi sur le plan de l’organisation de la société et de la vie économique. Si elle se développe, le fonctionnement des entreprises risque d’être fortement perturbé notamment par une diminution des effectifs présents au poste de travail, par la perturbation des transports, la limitation des échanges commerciaux, l’indisponibilité de certains dirigeants, responsables ou spécialistes, les difficultés d’approvisionnement et la défaillance de fournisseurs et sous-traitants, l’impossibilité de satisfaire des commandes, des modifications de la consommation et une perturbation des services sensibles et d’intérêt commun. Pour le salarié, les conséquences pourraient être lourdes : nouveaux horaires, aménagement de poste, aménagement des lieux de travail, polyvalence (pour remplacer les absents), modifications du contrat de travail, respect du PCA (Plan de Continuité des Activités), télétravail, prêt de main d’œuvre entre entreprises. N’oublions pas que même en cas de pandémie, tout salarié est censé poursuivre son activité professionnelle.

L’hygiène préventive contre la grippe en entreprise

Quelques conseils pour ne pas être contaminé :

  • Eviter les contacts étroits avec les malades et les lieux à forte densité de population ;
  •  Se laver fréquemment les mains, nettoyer périodiquement les objets et matériaux courants pouvant être contaminés avec des produits de nettoyage habituels ou de l’eau de javel diluée (bureaux, claviers et souris d’ordinateurs, poignées de portes…) ;
  •  Jeter les mouchoirs en papier dans un sac en plastique qui sera hermétiquement fermé ;
  • Mettre en place des procédures de vidage de ces déchets ;
  • Afficher les consignes d’hygiène (en particulier les notices sur les techniques de lavage des mains) dans les toilettes et lavabos ;
  • S’assurer que l’entreprise dispose de suffisamment de savons, serviettes, produits de nettoyage et de décontamination des surfaces ;
  • Veiller à ce que les bureaux soient nettoyés régulièrement ;
  • Porter si possible un masque anti-projections dans les bureaux collectifs comme dans les bureaux individuels amenés à recevoir des visiteurs.

Votre employeur vous protège-t-il ?

Rappelons que l’employeur a une obligation concernant la sécurité et la santé de ses employés : prévention des risques professionnels, information, formation et mise en place de moyens adaptés, conformément aux instructions des pouvoirs publics et accompagné de la CHSCT et du médecin du travail qui doit informer, sensibiliser, conseiller.
 
Plus d’excuse, le Secrétariat d’Etat chargé du commerce ; de l’artisanat ; des petites et moyennes entreprises ; du tourisme ; des services et de la consommation a élaboré un kit d’information destiné aux dirigeants de TPE et PME, aux artisans, commerçants et professions libérales.

Il contient des conseils pratiques pour éviter la diffusion du virus au sein de l’entreprise ainsi qu’un guide d’accompagnement pour la mise en place d’un plan de continuité de l’activité économique dans une situation de pandémie grippale. Ce kit contient notamment un rappel des « gestes barrière » à adopter pour éviter la contagion ; ainsi que des supports de communication directement utilisables au sein de l’entreprise :
http://www.pandemie-grippale.gouv.fr/article.php3?id_article=675

L’entreprise au plus fort de l’épidémie

Les préconisations en phase pandémique avérée, et en fonction de la contagiosité et de la gravité de la maladie, sont les suivantes :

  • En fonction de l’activité, la mise en place du travail à distance, dont le télétravail, pourra être une solution intéressante. Considéré comme un aménagement temporaire du poste de travail, il est destiné à réduire les risques de contamination sur le lieu du travail et dans les transports en commun.
  • Au plus fort de l’épidémie, il sera déconseillé de prendre ses repas en commun. Les restaurants d’entreprises devraient pouvoir fonctionner sous réserve d’adaptations, afin de respecter les règles d’hygiène et de sécurité. Les salles de restaurant et leur accès seront aménagés, qu’il s’agisse de libre-service ou de service en salle, pour préserver notamment les distances de protection sanitaire nécessaires entre les personnes. Le nettoyage des surfaces sera accru.
  • Les réunions, les rendez-vous physiques et, de manière générale, tout rassemblement qui génèrera une grande concentration humaine seront déconseillés, différés voire supprimés, au profit de solutions alternatives telles qu’Internet, échanges téléphoniques ou visioconférences. Quant aux séminaires et aux colloques, ils devront être différés. Toutefois, si ces réunions s’avéraient indispensables, chacun devra respecter scrupuleusement les règles d’hygiène et les distances de protection sanitaire : veiller à ce que les tables soient bien nettoyées avant et après la réunion, évitez une trop forte concentration humaine dans la salle de réunion en respectant une distance de protection sanitaire de 2 mètres entre les participants, et limiter la durée de chaque réunion. Sans aller jusqu’au jeu de la chaise musicale, enlever une chaise sur deux ou trois, dans la salle de réunion, pourra être une bonne initiative ! Lien vers le dernier point de l’INSV. 

Que faire face à un salarié malade sur le lieu de travail ?

L’entreprise doit déléguer à une personne la mission de prendre en charge les salariés se sentant malades sur le lieu de travail. Cette personne devra être formée à appliquer une procédure stricte :

  •  S’équiper d’un masque FFP2 et de gants ;
  •  Prendre en charge la personne dans une pièce isolée (bureau) ;
  •  La faire asseoir si possible ;
  •  Lui mettre un masque chirurgical sur le visage ;
  •  Vérifier qu’elle se plaint de symptômes correspondant à une suspicion de grippe. La grippe se traduit par l’apparition d’une fièvre soudaine à 38°C ou plus, accompagnée d’un ou plusieurs des symptômes suivants : toux et/ou gêne respiratoire, écoulement nasal, mal de gorge, douleurs musculaires et/ou articulaires, maux de tête, frissons, fatigue. Le SAMU (15) devra alors immédiatement être alerté ;
  •  En attendant le médecin, le salarié désigné et le malade doivent garder des distances (supérieure à 1 m) par rapport à leurs collègues, et se couvrir la bouche avec un mouchoir à usage unique lorsqu’elles toussent ou éternuent ;
  •  En fonction du diagnostic, le salarié continuera à travailler ou quittera l’entreprise pour rentrer chez lui.

www.pandemie-grippale.gouv.fr/monquotidienenpandemie/


Mise en place d’un PCA en entreprise

L’impact de l’épidémie de grippe A sur l’économie française est difficile à évaluer car tout dépend de l’ampleur qu’elle prendra. Il n’en demeure pas moins que les entreprises, déjà affaiblies par la crise économique, doivent impérativement tout mettre en œuvre pour maintenir leur activité en cas de pandémie, afin d’en limiter l’impact financier. C’est pourquoi le Ministère de l’économie et du commerce extérieur vient d’informer la Chambre de commerce que, suite au décret publié par l’Organisation Mondiale de la Santé relatif au niveau 6 du seuil d’alerte face à la grippe A, chaque entreprise doit préparer un Plan de Continuité d’Activité (PCA) en pandémie grippale. Il a pour but d’assurer la protection du personnel et le maintien de l’activité de l’entreprise en cas de taux d’absentéisme élevés (jusqu’à 40% du personnel). Le PCA désigne à la fois le concept et la procédure, mais surtout le document qui décrit les mesures et dispositions prévues si la pandémie a un impact sur l’activité de l’entreprise.
Qu’il s’agisse d’un grand groupe ou d’une PME, l’objectif est le même : maintenir l’activité et assurer le fonctionnement de l’entreprise. Le PCA doit gérer les personnes présentant des symptômes sur le lieu de travail, garder salubres les espaces de travail afin de limiter les effets de la maladie, pallier les absences, redistribuer les tâches, réguler la production, assurer la continuité des fonctions et gérer les conséquences financières.

www.pandemie-grippale.gouv.fr/IMG/pdf/pca.pdf




 

Lire aussi
  •  Info Grippe : 0825 302 302