Jacques Horovitz - CHATEAUFORM'

Rencontre avec Jacques Horovitz, Fondateur de Châteauform' qui repense les séminaires en entreprise. Une autre façon plus originale et bien pensée pour se retrouver dans des cadres plus agréables.

Pourquoi avoir créé Châteauform’ ?

Pour avoir fait beaucoup de séminaires, j’ai constaté que ces lieux ne traitaient pas cette clientèle particulière qu’est l’entreprise. Les salles de réunion étaient inadaptées, sans lumière du jour, sans équipement. Cette clientèle a des besoins spécifiques en termes de services, et les entreprises n’ont pas les même besoins que les touristes. Soit les salles de séminaires équipées étaient inexistantes, soit on passait trop de temps à manger et on n’avait plus envie de travailler. Mes collaborateurs étaient souvent mécontents. Ce service particulier et uniquement dédié aux entreprises, j’ai décidé de le créer il y a dix ans, en fondant Châteauform’, une solution pour se réunir avec ses clients et ses équipes internes.

D’où vient le nom « Châteauform’ » ?

D’un dimanche de brainstorming avec mon équipe ! Nous voulions un nom qui serait connu et reconnu, d’une marque citée pour les formations et les séminaires. « Château » parce que nous avons ce niveau d’exigence pour les lieux que nous plébiscitons, et « Form » parce que nous souhaitons que, parallèlement aux réunions d’entreprise, les gens puissent profiter de leur séjour pour retrouver la forme ! C’est pour cela que nous proposons des activités sportives, que les châteaux sont équipés de piscine, hammam, spa, qu’on peut y courir, y faire du vélo de l’équitation, du golf, du tir à l’arc, du tennis… « Form » est aussi un jeu de mot avec formation. Ces lieux réunissent toutes les meilleures conditions pour travailler, mais aussi pour se détendre, discuter et mieux se connaître.
 

Comment avez-vous choisi les emplacements de vos châteaux ?

Le premier château a été celui de Neuville-Bosc, dans l’Oise. Nous le souhaitions proche de Roissy, une étude réalisée au préalable sur les 500 premières entreprises européennes ayant montré que l’accessibilité était idéale pour 50% des entreprises françaises et internationales. Tous nos châteaux ont ensuite été choisis selon le même principe de proximité pour ne pas faire perdre trop de temps dans les transports aux collaborateurs. En effet, l’idée était de rassembler lors de ces séminaires les collaborateurs des grands groupes répartis dans toute l’Europe, voire le monde. Nous avons donc d’abord cherché à être dans l’ouest parisien et proches des aéroports, dans des endroits souvent isolés, calmes et en pleine campagne. Maintenant que nous nous développons dans toute l’Europe, nous maintenons ce principe.

Vous implantez-vous à l’étranger ?

C’est même désormais notre principal axe de développement. Nous avons déjà des clients de multinationales japonaises, américaines et chinoises, et sommes déjà implantés en Espagne, en Italie, au Benelux, en Suisse et bientôt en Allemagne. Nous savons que le concept peut s’exporter et s’adapter dans d’autres pays, surtout si les « hôtes » des châteaux sont des « autochtones » et que l’on ajuste son offre au local. Un exemple typique est l’adaptation des heures de déjeuner. Notre choix se porte potentiellement sur tous les pays d’Europe, même si la condition sine qua non est le ratio coût de l’immobilier/potentiel/coût d’exploitation. L’Angleterre et les pays scandinaves se sont avérés hors de prix par exemple. Nous prévoyons d’ouvrir 3 à 5 Châteauform’ par an ! En 2008, quatre nouveaux établissements ont vu le jour. Nous souhaitons continuer à nous développer à l’étranger les 3 prochaines années, principalement en Espagne et en Italie, en Hollande, au Benelux et en Suisse. Nous souhaitons doubler le nombre de nos châteaux en 3 ans, tout en maintenant l’esprit « comme à la maison ».

Quel est le concept de réception ?

Chaque couple d’hôteliers est indépendant et s’occupe de son propre château. L’idée est d’avoir l’impression d’être accueilli chez eux ou dans une chambre d’hôtes. Leur maison devient la vôtre, et la convivialité est de rigueur ! Il y a néanmoins une « formation » commune, pour développer l’esprit Châteauform’ et la capacité des équipes à bien connaître les clients et leurs besoins.

La crise a-t-elle impacté votre activité ?

Nous ne suivons pas la croissance du marché. Avec une croissance à 35%, sans concurrent connu, il n’y a pas de crise pour nous ! Nous continuons à avoir des demandes élevées. Il y a un grand réservoir possible et nous ne faisons même pas de pub, le tout fonctionne par le bouche à oreille. Le marketing passe uniquement par la satisfaction client. Ce sont nos clients qui nous jugent, et avec un taux de satisfaction de 100%, nous sommes plutôt contents ! Il y a une réelle fidélité de la part de nos clients, qui reviennent d’une année sur l’autre, changent de site. Les entreprises apprécient de recevoir leurs clients dans un endroit neutre, décentralisé mais néanmoins équipé pour travailler, confortable, et avec des loisirs possibles. Nous sommes un centre de satisfaction, pas de profit.

Comment avez-vous pensé l’aménagement de vos salles de réunion ?

Les salles de réunion et le mobilier font l’objet d’un réel investissement. Par rapport au départ, nous dépensons dix fois plus pour équiper les salles. La technologie et le mobilier évoluent constamment. Nous cherchons à être à la pointe en terme de connectique, offrir ce qu’il y a de mieux en terme de sièges de travail et le meilleur de ce que la technologie peut offrir. Tout forfait comprend des vidéoprojecteurs multimédia, PC fixes, tableaux interactifs, paperboard, imprimante couleur, WiFi. Toutes les salles bénéficient de la lumière naturelle et les fauteuils sont réglables pour un maximum de confort.

Parallèlement à cette offre, je souhaite développer des salles de réunion hors du commun où il n’y a pas de technologie du tout. Je cherche aussi à créer des espaces différenciés pour de nouveaux modes de travail et d’assise. Il y a des salles de réunion de configurations distinctes, et des auditoriums de tailles variables en fonction des châteaux. Parce qu’il n’y a pas que des réunions budgétaires mais aussi stratégiques ou de formation, il faut que les salles de réunion puissent s’adapter à ces différentes typologies : information, communication avec les filiales de son groupe, avec ses clients, formation, leadership,…

"Des auditoriums interactifs"

Nous avons récemment installé des auditoriums interactifs, constitués de gradins en forme d’ellipse dans certains châteaux. Sous chaque table, prises électriques et vidéo permettent à chacune et à chacun de projeter ce qu’il a à montrer. A Ecoublay, les salles de conférences se trouvent dans des roulottes toutes équipées ! Elles sont revisitées en espaces de sous-commission. Dans le verger, des tables sont mises en place pour des réunions de fin de matinée. Il y a aussi un grand tableau noir où chacun peut noter ses réflexions et ses pensées.


Au château de Neuville-Bosc, dans le parc naturel du Vexin français, l’une des salles de réunion est ronde comme un théâtre grec, avec des poufs de couleurs en guise d’assise. Appelée la salle Tournesol, sa forme d’antique Agora favorise l’échange, et sa forme sphérique donne à chaque participant la possibilité d’exprimer son point de vue de manière égale, sans position privilégiée. Il permet aux animateurs de travailler symboliquement sur la circulation montante et descendante de l’information par exemple. Je crois que la façon dont une salle de réunion est aménagée, et la manière dont on est assis, par terre ou à table, change la réflexion. Il est important d’avoir des espaces aménagés différemment et différentes possibilités d’assise.