Entretien

HERVE MOAL - LABEL WELL

Comment est né le label Well Building Standard ?

Le label Well a été imaginé il y a 6 ans par le cabinet américain Delos. Ce référentiel a été lancé le 20 octobre 2014 à la Nouvelle-Orléans, pendant la semaine Greenbuild, conférence/salon sur la construction durable. Les consultants de Delos se sont rapprochés de l'USGBC (U.S. Green Building Council), cet organisme qui développe le référentiel LEED, en leur proposant de développer Well avec eux. Well est un référentiel autonome qui est géré par l'IWBI (International Well Building Institute), un équivalent de l'association HQE. Et c’est le GBCI (Green Business Certification Inc.) qui est chargé des certifications. Pour ma part, je suis directeur d'ARP-Astrance, un cabinet de conseil en immobilier, management de projet et programmation, aménagement d’espace et développement durable. Nous travaillons beaucoup dans le domaine des bâtiments verts et du bien-être. Je connaissais l'un des concepteurs du référentiel, Jason McLennan, développeur du Living Building Challenge, et c’est ainsi qu’ARP-Astrance a décidé de développer Well en France.

Qu’est-ce que ce label Well ?

A l’heure où plus de 50 % de la population mondiale est urbaine et où nous passons 90 % de notre temps à l’intérieur des bâtiments, le bien-être des occupants est une source d’innovation majeure dans l’immobilier. Well est le premier référentiel centré sur l'occupant, l'usager, plutôt que sur le bâtiment. Le référentiel traite à la fois du bâtiment, de l'exploitation, mais aussi des usages, des services. Well est concentré sur l’homme et répond à un enjeu sanitaire majeur : l’explosion à venir des maladies chroniques comme les cancers, les problèmes de santé mentale, le diabète. Il sort des problématiques de qualité de l'air et de confort acoustique (qui sont bien sûr présentes) et prend aussi d'autres thématiques en compte. Le bien-être est une clé de succès des entreprises et tout y contribue : l’alimentation, les exercices physiques, la qualité de l’air, l’exposition aux toxiques, la sociabilité, l’éclairage, la ventilation, la perception du confort, le bruit, l’air, la température, la localisation, etc. Un bâtiment de qualité est source de bien-être et de bénéfices, levier d’efficacité et de performance. Il est possible de faire une certification du bâtiment et/ou de l'aménagement des espaces de travail, d’une nouvelle construction mais aussi de bâtiments existants. Le bâtiment peut être compatible avec Well au niveau de la coque : on dit qu’il est « Well compliant ». Les niveaux argent, or et platinum sont réservés à juste titre aux bâtiments une fois réalisés, avec leur aménagement.

"Les 7 domaines pris en compte par Well sont l’air, l’eau, la lumière, le fitness, la restauration, le confort et le bien-être psychologique"
 

Y a-t-il déjà des bâtiments certifiés ?

Non, mais il y a plusieurs projets déjà enregistrés, comme l’immeuble de Gecina au 55 rue d’Amsterdam et de la tour Duo de la société immobilière Ivanhoé Cambridge à Paris. Le 55 rue d'Amsterdam est le premier immeuble en rénovation qui va obtenir le label Well. Il prévoit un certain nombre d’actions tels que les déplacements (accueil renforcé du vélo), l’ergonomie des aménagements de travail, l’interdiction de fumer à moins de 7,5 m d'une fenêtre ou d’une porte, le confort thermique et olfactif, l’accent mis sur la lumière naturelle, le développement de l’art, la hauteur des plafonds, l’accessibilité, la biophilie, le goût de l’eau, l’absence de pesticides, la revalorisation des espaces de circulation avec des escaliers pour favoriser l’activité physique et comme lieux de rencontres. La restauration est un élément clé du projet immobilier avec l’ouverture élargie de ces lieux aux réunions hors du temps du déjeuner. www.wellcertified.com

Qu’est ce que Immowell-lab ?

Avec Impulse Partners, ARP-Astrance a créé cet accélérateur de start-up innovantes pour le bien-être par l’immobilier. Les clés de réussite de cette innovation passent par l’implication des grands occupants et l’identification de leurs besoins réels, un accompagnement de start-up innovantes sur les spécificités de ce marché et le développement de partenariats et d’offres nouvelles avec les industriels et professionnels de l’immobilier. Immowell-lab a pour vocation d’accélérer ces innovations en rapprochant ces différents acteurs avec une logique d’écosystème et d’expérimentations, et de prendre en compte l’ensemble des différentes étapes de l’immobilier : conception, construction, aménagement des espaces et architecture intérieure, nouveaux usages et mode de vie et de travail dans l’immobilier, modes d’exploitation et de gestion, actions de rénovation et réhabilitation. Immowell-lab croit à l’apport mutuel des différents types de bâtiment pour développer des nouvelles offres de bien-être par l’immobilier : immobilier tertiaire, commerces, logements, enseignements, culture et sport, structures de soins… Les grands groupes partenaires se servent de l’accélérateur comme une plateforme privilégiée d’open-innovation. Les start-up sélectionnées bénéficient d’une plateforme de rayonnement sans précédent, véritable catalyseur et accélérateur de développement. Les équipes Immowell-lab encouragent le co-développement avec les start-up de projets innovants, les tests des solutions de start-up sur des projets réels, l’évaluation et la prise en compte des enseignements aussi bien pour la start-up que pour le grand groupe. Les partenaires professionnels et industriels de l’immobilier cofinancent une partie du coût de fonctionnement de l’accélérateur. Les grands occupants partenaires prescrivent leurs besoins et proposent des bâtiments de leur parc pour y lancer des expérimentations. Des comités de sélection sont organisés périodiquement pour identifier les start-up les plus pertinentes éligibles à un accompagnement par l’accélérateur. www.immowell-lab.paris