Arnaud HUMBERT DROZ - VALDELIA

Entretien avec Arnaud Humbert-Droz, Directeur Général de Valdelia, éco-organisme qui a mis en place un service de collecte et de traitement de tous les déchets d'éléments d'ameublement professionnel.

Qu’est-ce que Valdelia ?

Valdelia est un éco-organisme qui a pour but de mettre en place un service de collecte et de traitement de tous les déchets d’éléments d’ameublement professionnel. Notre objectif est d’offrir un service aux détenteurs* de meubles de nos adhérents tout en protégeant l’environnement. C’est une société à but non lucratif agréée par les pouvoirs publics. 

Comment cet éco-organisme a-t-il vu le jour ?

Les industriels de mobilier professionnel sont à l’origine de cette initiative. Ils se sont associés pour créer cet éco-organisme qui va permettre à l’ensemble des metteurs en marché français d’avoir une solution mutualisée et coopérative de recyclage, pour avoir une filière plus vertueuse. Le recyclage n’est pas le coeur de métier des metteurs en marché. Il fallait donc créer une société indépendante mais dans laquelle ils sont tous représentés : mobilier de bureau, mobilier scolaire, mobilier pour hôpitaux et maisons de retraite, mobilier commercial et industriel, mobilier pour cafés, hôtels et restaurants, etc.

Les entreprises ont-elles l’obligation d’adhérer à l’éco-organisme ?

Tous les metteurs en marché de mobilier professionnel se doivent d’adhérer à Valdelia, puisque c’est aujourd’hui le seul éco-organisme agréé par les pouvoirs publics. C’est devenu une obligation légale depuis le 1er janvier 2013.

Comment est-ce que Valdelia fonctionne ?

L’adhésion est gratuite pour les metteurs en marché et commence sur notre site internet. Nous leur avons donné un barême d’éco-contribution qu’ils devront facturer à leurs détenteurs et qu’ils vont nous reverser une fois par trimestre. En échange, nous prenons en charge tous les déchets d’éléments d’ameublement professionnel au niveau national, en organisant la filière de collecte et de traitement auprès des détenteurs. Nous travaillons avec un réseau de prestataires Valdelia sélectionnés sur appels d’offre. Valdelia est le chef de projet qui définit les objectifs environnementaux à atteindre. Si certaines techniques font défaut pour atteindre ces objectifs, nous travaillerons avec la R&D pour développer de nouvelles solutions. 

Quelles sont vos actions du moment ?

Nous avons une démarche de communication forte auprès des adhérents, pour qu’ils puissent être conformes à la réglementation au 1er mai 2013, date à laquelle ils ont dû fait apparaître l’éco-contribution sur leurs factures. Nous avons organisé des journées dans toute la France pour rencontrer les entreprises. Après le 1er mai 2013, l’affichage et la facturation ont démarré, et nous sommes à leur disposition pour leur expliquer les bons gestes à faire pour être vertueux dans la filière. 

L’accueil des entreprises est-il positif ?

Pour les metteurs sur le marché, il est évident que c’est une contrainte supplémentaire à prendre en compte alors que les temps sont difficiles. Mais lorsqu’on explique notre démarche à cette filière déjà sensibilisée par des marques comme NF Environnement, ils adhèrent à notre philosophie. Notre rôle est de rassurer tous les metteurs en marché et de permettre à tous les adhérents d’être conformes à leurs obligations au 1er mai 2013. Cela concerne aussi bien les fabricants que les distributeurs de meubles fabriqués à l’étranger par exemple. Pour les entreprises qui détiennent les meubles dont ils veulent se débarrasser, l’éco-filière Valdelia apparait comme un vrai service puisqu’au dessus d’un certain volume (2,4 tonnes ou 20 mètres cubes), la collecte devient gratuite. 

Quel est votre parcours ?

Je suis actuellement directeur général de Valdelia. J’ai une formation d’ingénieur de l’Ecole des Métiers de l’Environnement et j’ai toujours travaillé dans ce secteur. J’ai commencé par la gestion des produits en fin de vie chez Renault, où je me suis occupé de la gestion des véhicules hors d’usage. J’ai eu ensuite la chance d’intégrer le groupe Derichebourg Environnement, où j’ai géré pendant 5 ans des sites d’exploitation et des mises en place de filières. J’ai ensuite intégré le groupe Veolia Propreté en 2005, pour m’occuper de la mise en place d’un site de traitement des déchets électriques. Je suis resté deux ans, le temps de mettre en place la filière avec les éco-organismes ménagers. J’ai ensuite rejoint une PME du déchet pour voir comment cette problématique fonctionnait dans une petite structure. J’y suis resté 5 ans. Nous avons beaucoup travaillé sur le recyclage du mobilier professionnel. J’ai eu la chance de rencontrer un certain nombre de fabricants qui m’ont confié cette mission au sein de Valdelia.

Voir en ligne : Le site Valdelia

Lire aussi : http://www.actineo.fr/article/que-faire-de-mon-mobilier-usage

* Ceux qui détiennent les meubles dont ils veulent se séparer, en général une entreprise ou une collectivité.