Antoine ARRAZONE - VEOLIA

Antoine ARRAZONE, responsable du Service Juridique, Immobilier et Assurances Centre Est de Veolia, temoigne du nouvel aménagement organisé à la suite de la création de la nouvelle structure juridique, VE-CSP, rassemblant l'ensemble de la comptabilité fournisseurs.

Pouvez-vous nous parler de votre projet VE-CSP ?

Nous avons emménagé dans de nouveaux locaux pour réaliser une activité transverse, de mutualisation de moyens et de personnes des différentes sociétés du groupe, ayant pour but d’optimiser les gains de productivité, en rassemblant l’ensemble de la comptabilité fournisseurs dans une nouvelle structure juridique, appelée VE-CSP, à Lyon. Désormais les écritures, les procédures, et le traitement des opérations comptables sont standardisés et évolutifs. 

Quelles ont été les grandes étapes du projet ?

Nous avons ouvert la discussion en avril 2007, rencontré le CHSCT en juillet 2007, obtenu les locaux en décembre 2007 à Lyon, travaillé sur l’ergonomie en mars 2008, et livré en avril 2008 ! En deux mois nous avons aménagés les locaux, en 15 jours nous avons tout livré le mobilier et installé les équipements : les collaborateurs sont arrivés au fur et à mesure, le temps que chacun fasse les opérations de clôture.
 
Nous avons rassemblé des comptables de tout le centre et sud-est de la France dans un même bâtiment à Lyon. Ça n’a pas été une mince affaire ! Certains d’entre eux étaient basés et vivaient à Nice. Il a fallu faire beaucoup d’accompagnement au changement. Les termes liés au projet étaient importants. Il ne s’agissait pas d’une externalisation d’activité mais d’une mutualisation, avec un niveau de rémunération maintenu. Nous avons beaucoup travaillé avec les CHSCT des différentes sociétés du Groupe, et une commission de suivi en cas de difficultés liées à la mobilité. Nous avons fait en sorte que les conditions de travail facilitent la mobilité des collaborateurs sans soulever de problèmes sociaux. Nous ne voulions pas les forcer à déménager et avons procédé au cas par cas : puisque des postes étaient amenés à être supprimés, il fallait trouver à ces salariés un nouveau poste.
 
L’humain a été au centre de nos préoccupations et des négociations. Nous avons fait intervenir nos partenaires sociaux, les collaborateurs se sont sentis écoutés. Ils ont eu une prime de mobilité et ont disposé de logements de fonction à prix réduit au besoin.
 

Comment les collaborateurs ont-ils été préparés à leur nouvel espace de travail ?

Il fallait leur montrer qu’ils y gagneraient en qualité de vie au travail, il fallait une vitrine. Nous avons donc fait une visite des bureaux que nous allions leur proposer. Le choix de leur emplacement à Lyon était très symbolique, lié à l’appartenance au groupe, car la première société (Compagnie générale des eaux) a été créée dans cette ville en 1853, ainsi que le premier Centre Service Clients en 1997. En 2008, nous créâmes ainsi cette nouvelle et première entité de mutualisation. Nous tenions à leur dire par là qu’ils ne seraient pas vendus à une nouvelle structure, mais que cette structure était détenue à 100% par le groupe Veolia. Un grand mur vitré dans les locaux affiche d’ailleurs les logos des quatre Divisions du groupe (Eau, Energie, Propreté et Transport) pour rappeler leur unité.

A quels changements majeurs les collaborateurs ont-ils été confrontés ?

Tout d’abord, ils n’avaient jamais travaillé ensemble dans des bureaux paysagés. Nous avons donc préparé un livret d’accueil et un DVD pour la présentation des locaux avec un reportage vidéo. En accompagnement du changement, nous leur avons donc proposé un cadre sexy, une vitrine sympathique, un mobilier aux couleurs vives.
 
Il a fallu uniformiser, faire des comparatifs et des référentiels. Nous avons développé avec un prestataire (Xerox), un nouvel outil informatique adapté à cette activité, pour numériser les 400 000 factures papier de nos fournisseurs (4 millions de factures à terme) ! Nous avions un objectif zéro papier.
 

Et du point du vue de l’espace de travail ?

Le personnel n’avait jamais été en open space. Nous avons fait appel à un styliste d’un cabinet d’architecture et avons choisi un mobilier de qualité (Kinnarps) spécifique à notre façon de travailler. Les tables de réunion ont une double fonctionnalité : l’écran se rabat dans les salles de réunion qui peuvent alors devenir des salles de formation. Nous avons aussi été très attachés aux détails ergonomiques.
 
L’organisation se fait par « grappes » de 12 comptables avec un superviseur à la tête et un responsable d’activité pour 60 personnes. Tous ont le même mobilier, mais des sièges de couleurs différentes pour éviter la monotonie visuelle. Les superviseurs ont en plus des bureaux électriques pour recevoir des visiteurs, des assis-debout qui permettent d’être à la hauteur pour leur montrer un croquis technique ou un document comptable !
 
Nous avons démarré à 45 personnes en 2008, et sommes aujourd’hui 115. Tous les 3 mois en ce moment, il y a 20 personnes en plus ! L’aménagement devait donc être flexible. Nous avons pour l’instant 3 000 m² de bureaux, mais la possibilité d’extension dans un bâtiment annexe.
 
Il y a aussi un restaurant d’entreprise, un local détente avec frigo, four, café boisson, chaises hautes. Les locaux sont climatisés et la luminosité est de 400 lux pour créer une ambiance plein jour. Les cloisons sont vitrées, jusque dans les couloirs. Les bureaux paysagés sont organisés de telle sorte qu’il n’y a pas d’îlots de plus de 12 personnes. Il n’y a pas d’armoires hautes : si nous encourageons l’intimité, la personnalisation, il ne doit pas y avoir de « ghetto ». De petites cloisons installées sur les bureaux séparent les espaces de travail des collaborateurs.

Le succès de ce projet vous a-t-il donné envie de poursuivre la mutualisation de moyens et d’espaces ?

Le projet est d’ores et déjà décliné ! Nous avons depuis étendu ce type d’aménagement à Lille, Nantes et Rueil-Malmaison, ainsi que les locaux de Lyon dans un bâtiment de la Cité Internationale créée en 1995. Nous privilégions les lieux à accès facile : aucun n’emplacement ne peut être à plus de 10 minutes d’un arrêt de bus ou de métro. Au vu du succès du projet, nous souhaitons mutualiser aussi la formation.
 

Quels sont vos autres projets ?

Ces préoccupations liées au bien être par l’aménagement ne datent pas de ce projet. En effet, dès 1997 nous avons créé une nouvelle structure de Centre Service Clients (call-center), en réunissant des chargés de clientèle sur un plateau dans une atmosphère calme, avec une lumière tamisée, des couleurs parme, une moquette acoustique et en les équipant de casques.

Depuis quand vous préoccupez-vous du bien-être de vos collaborateurs ?

Le bien-être fait partie depuis longtemps de nos valeurs. Auparavant, notre entreprise était la Compagnie Générale des Eaux ! Nous avons gardé la même culture : peu de turn-over, des collaborateurs dont certains étaient des Agents des Collectivités Territoriales , choyés, écoutés, avec une grande culture de l’échange et de l’humain. Cette politique d’entreprise est restée. Car nous sommes et restons une société de services, notre valeur ajoutée est l’homme ! Si l’homme se sent bien, le service sera bon. L’individu est au centre de l’entreprise et de nos préoccupations. Tout collaborateur a la possibilité d’évoluer en se formant à de nouvelles techniques. La moyenne d’âge est de 38-39 ans, et beaucoup ont plus de 50 ans. Nous restons persuadés que la culture sur le long terme apporte aussi une économie sur le long terme. Je suis moi-même un bon exemple car après avoir été dans 7 sociétés différentes, je suis à Lyon depuis 1991 ! Et m’occupe en autre de nouveaux projets transverses.

Le bien-être des collaborateurs engendre-t-il obligatoirement un surcoût ?

Même sur les sites d’épuration et les stations techniques, nous avons toujours privilégié la sécurité, le bien-être, avec des toilettes sur chaque chantier, un panier-repas ou des tickets restaurants à disposition des collaborateurs. Et pourtant, nos coûts sont maîtrisés. Mais cela suppose quelques réflexions au préalable. Actuellement nous mettons en place par exemple un travail sur la géolocalisation des camions, pour optimiser leur déplacement, et donc les coûts. Par la même, si on passe moins de temps en voiture, on utilise moins d’essence. Une charte éthique a été établie pour préciser les droits et obligations entre l’employeur et l’employé, car il ne s’agit pas de surveillance mais d’une préoccupation environnementale très forte, liée au développement durable.  

L'histoire de l’entreprise

La Compagnie Générale des Eaux ou CGE ou Générale des eaux (en 1998) était une société spécialisée dans la distribution d’eau en France. À sa création, en 1853, la Compagnie générale des eaux s’engageait à « pourvoir largement à la distribution d’eau dans les villes et à l’irrigation des campagnes ». C’est par décret impérial, le 14 décembre 1853, que la ville de Lyon s’engage à acheter de l’eau (10 000 m³) à des conditions fixées par avance (17 francs le mètre cube), non révisables sur 20 ans. Le succès boursier immédiat de la société Générale des eaux a permis la création, le 14 mai 1854, par décret impérial, de la banque Société générale. La CGE est devenue Vivendi en 1998. En 2003, Vivendi Environnement devient Veolia Environnement.
Le groupe est composé de quatre divisions :

  •  EAU : Veolia Eau : le numéro un mondial des services de l’eau ;
  •  PROPRETE : Veolia Propreté (ex- Onyx Grandjouan) ;
  •  ÉNERGIE : Veolia Energie (Dalkia) ;
  •  TRANSPORT : Veolia Transport (ex-Connex).