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 Ergonomie et bonnes pratiques

  

Accessibilité, une notion qui concerne « toute la vie d’un bâtiment »

Comment intégrer les personnes handicapées et valoriser leur rôle par l’aménagement ?


« Un espace, un site immobilier, dès lors qu’il est rendu accessible, l’est rendu pour tout le monde », déclare Didier Fontana, directeur de la CRIPH (cellule de recrutement et d’insertion socioprofessionnelle des personnes handicapées) au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. En effet, un immeuble accessible est plus agréable pour chacun de ses occupants (plus d’espace, plus de facilité d’accès…).
 

Les freins de l’accessibilité
L’accessibilité tend à banaliser le handicap et permet l’accès au travail pour tous et, par conséquent, favorise l’intégration sociale des personnes handicapées qui peuvent ainsi jouer un rôle dans la société et apporter une valeur ajoutée à l’entreprise. Par ailleurs, l’accessibilité d’un site immobilier contribue à le valoriser, non seulement pour les personnels handicapés mais aussi pour l’ensemble des salariés « valides » ; aussi, convient-il de s’interroger sur les arguments pouvant justifier les freins à cette accessibilité.
Plusieurs éléments persistent à ralentir les actions en faveur de l’accessibilité. Le problème majeur est un problème de coût ; en effet, l’accessibilité implique des mètres carrés supplémentaires et dons un investissement immobilier accru sur un marché où le coût des surfaces augmente sensiblement et incessamment.
Au-delà du problème de coût, apparaît le problème du savoir-faire ; l’un des éléments déterminant de la réussite d’un projet d’accessibilité repose sur l’expertise des prestataires et leur faculté à intégrer l’accessibilité dans son ensemble ; c’est une notion qui doit se concevoir globalement, et Didier Fontana d’ajouter « un immeuble n’est pas plus ou moins accessible, l’accessibilité ne se saucissonne pas ! ».
Autre argument souvent présenté, l’accessibilité va à l’encontre de l’esthétisme des espaces ; or, il n’en est rien et l’exemple proposé par le ministère des finances est sans aucun doute le meilleur argument de défense qui soit. Ce qui manque le plus souvent est la prise de conscience, ensuite la volonté et enfin les solutions et l’argent nécessaire à leur réalisation.


Composantes et facteurs de réussite
L’un des facteurs clés de réussite de l’accessibilité consiste à faire respecter l’accessibilité par tous. Ceci implique par conséquent de concevoir une communication et une sensibilisation de l’ensemble des personnels sur ce point.
Ensuite, pour être réussie, l’accessibilité doit être considérée comme une notion concernant "toute la vie du bâtiment" : lors de la programmation, de la conception, de la construction, de l’utilisation, de la gestion, et surtout ne pas oublier ... lors des rénovations.
La notion d’accessibilité intègre plusieurs composantes :

- l’accès (transport, parking, trottoirs, seuil, ...) ;

- la circulation à l’intérieur du bâtiment (déplacement horizontal et vertical, aires de rotation, d’approches et de circulation, repères sonores, tactiles et visuels, signalisation) ;

- l’usage de tous les équipements (sanitaires, cantine, …).

Or, les déplacements au sein même d’une structure administrative ne font pas toujours l’objet d’une attention particulière de la part de ses occupants, excepté de la part des personnes éprouvant des difficultés à se déplacer. En effet, un sol inégal ou glissant, une main courante inexistante, un éclairage insuffisant ou le moindre carton laissé négligemment dans un couloir compliquent leurs déplacements. Et pourtant, il serait si facile d’éviter ces inconvénients. Chacun doit pouvoir se déplacer et circuler sans risque, notamment les personnes les plus vulnérables tels les utilisateurs de fauteuil roulant, les déficients visuels ou auditifs.

L’amélioration de l’accessibilité contribue donc à :

- un meilleur confort d’usage pour tous,

- la prévention des situations de handicap auxquelles les personnes valides se trouve souvent confrontées,

- ’insertion des personnes handicapées.


La CRIPH, acteur-clé de la réussite de l’insertion
Au sein même de la direction du personnel, de la modernisation et de l’administration, une structure spécifique, la "cellule de recrutement et d’insertion des personnes handicapées" (C.R.I.P.H.) a pour mission, depuis sa création en 1991, de susciter et coordonner en liaison avec ses correspondants les mesures mises en œuvre par le ministère en vue de promouvoir le recrutement des personnes handicapées ou la réinsertion d’agents devenus handicapés.

Organisation
Afin de faciliter l’insertion des agents handicapés au sein des administrations financières, la direction du personnel, de la modernisation et de l’administration, en liaison avec les autres directions, tant d’administration centrale que services déconcentrés, a mis en place les bases d’un réseau coordonné d’écoute et d’animation dans le domaine de l’emploi des personnes handicapées.
La CRIPH garantit les conditions de leur bonne insertion dans leur environnement de travail, notamment en matière d’outils de travail et d’accessibilité technique et physique des postes ainsi qu’en matière d’accès à la formation et à l’information.
Elle étudie et propose avec les services compétents du ministère tout dispositif technique propre à faciliter cette insertion. Elle promeut le développement des aides techniques de toute nature.

Développer l’accessibilité globale
L’axe majeur de la C.R.I.P.H. s’articule autour de la notion d’accessibilité dans son acception la plus large :
Accessibilité au lieu de travail :

- qu’il s’agisse de l’accès proprement dit (stationnement, signalétique, rampes d’accès, ascenseur) ;

- ou de l’aménagement des locaux (bureaux, toilettes, cantines, cafétéria, etc.) ;
Accessibilité des postes de travail :

- équipement de postes adaptés, domotique (terminaux braille, synthèse ou dictée vocale, téléphonie adaptée, logiciels spécifiques par exemple) ;

- ergonomie du mobilier ;

- aides techniques ;
Accessibilité à la formation et l’information :

- transcription en braille des préparations aux concours, des notes et documents internes ainsi que des ouvrages de culture générale ;

- interprétation en langue des signes française.

Gérer les crédits
La CRIPH a également en charge la gestion des crédits alloués dans le cadre du fonds interministériel d’insertion des personnes handicapées. Cela lui permet d’aligner pour partie la situation des fonctionnaires handicapés sur celle des travailleurs du secteur privé bénéficiant des aides de l’AGEFIPH. Ces prestations financières ont trait uniquement à l’activité professionnelle :

- aménagement de véhicule ;

- acquisition de fauteuils roulants ;

- prothèses auditives ;

- frais de transport pour les handicaps nécessitant le recours à des transporteurs spécialisés (absence ou inaccessibilité des transports publics) ;



Un peu d’histoire, du Louvre à Bercy
Après 110 ans d’occupation du Louvre par le ministère des Finances, le 24 septembre 1981, le président de la République prend la décision de « rendre le Louvre à l’histoire de la France ». Le site de Bercy est retenu puis, en décembre 1982, le projet présenté par Paul Chemetov et Borja Huidobro pour les bâtiments Colbert, Vauban et Necker. En juillet 1983, le projet connexe des architectes Louis Arretche et Roman Karasinsky est adopté pour les bâtiments Sully et Turgot.
Le chantier des différents bâtiments démarre en 1984. De 1987 à l’automne 1989, environ 6 000 agents emménagent progressivement dans l’ensemble des bâtiments.

Un immeuble intelligent
A Bercy, les architectes ont joué la longévité. Le parti pris de modernité et de technicité en fait un immeuble « intelligent » entièrement précablé et doté de systèmes de gestion particulièrement performants. Gérer, c’est savoir prévoir. Ainsi, les aménagements des espaces de travail prennent en compte les modifications susceptibles d’intervenir dans la vie des services. L’arrivée des fluides par les faux plafonds, la modularité des cloisons, des dallages et des perches électriques, permettent d’adapter l’utilisation des surfaces aux besoins présents et à venir.



 

Créé par Laëtitia Fritsch le 1er/01/2008



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Maladies psychiques et vie sociale - Réflexions sur l’emploi, sous la direction de Bélaïd Ait-Ali et Gérard Lesieur, aux Editions Octares. A l’heure de l’application d’une nouvelle loi en faveur des personnes handicapées « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des travailleurs handicapés », la question de la reconnaissance du handicap psychique par les institutions et par la société nous est posée. Voir aussi la formidable initiative des bureaux Agefiph Ariane :