Comment améliorer les problèmes d’acoustique au bureau ?
L’inconfort, le stress, la fatigue, voire certaines pathologies sont pour partie la conséquence d’un mauvais environnement sonore, notamment dans les espaces de bureau. Le problème est désormais de santé publique. Les entreprises sont maintenant tenues d’y prêter attention et de proposer à leur personnel des aménagements et des organisations du travail minimisant les expositions et les risques. Les normes disponibles en matière d’acoustique abordent souvent le sujet du point de vue quantitatif et prennent en compte essentiellement les risques de perte de l’audition. Or, les exigences se rapportant aux lieux de travail visent non seulement l’absence de risque pour la sécurité et la santé des travailleurs, mais aussi leur confort, leur efficacité et leur bien-être.
Les points clés d’une ambiance sonore agréable au bureau
- L’inconfort, le stress, la fatigue, sont pour partie la conséquence d’un mauvais environnement sonore ;
-Le bruit au bureau résulte d’une élévation du niveau sonore ambiant par la multiplication des équipements et du nombre de personnes présentes dans le même espace (ordinateur, photocopieur, bruit de clavier, porte qui claque…) ;
-Le bruit gêne la bonne compréhension des échanges verbaux, diminue l’efficacité de nos activités cérébrales, la performance et perturbe notre concentration ;
-Les solutions concernent :
Le comportement individuel de chacun pour limiter le bruit notamment en open space ;
L’aménagement des espaces : cloison phonique, meuble et paroi absorbant le bruit ;
L’insonorisation intérieure des locaux : isoler toutes les faces de vos locaux (sols, plafonds, murs) ;
L’isolation phonique à la construction ;
L’utilisation d’un masquage sonore ;
Le respect des normes AFNOR NF X 35-102 et NF S31-080 pour la conception et l’évaluation des ambiances sonores des espaces de travail.
Le bruit
Contrairement aux phénomènes acoustiques servant spécifiquement à la transformation de l’information (la communication parlée, les signaux d’avertissement comme le téléphone), le terme bruit est utilisé pour désigner les phénomènes d’acoustiques gênants, indésirables ou qui ont un effet nocif. Les effets indésirables du bruit peuvent être classés en 5 catégories :
- l’affaiblissement de l’ouïe,
- la réaction non souhaitée du système nerveux central et autonome,
- l’entrave à la communication verbale ou autre,
- la diminution des performances et des fonctions cognitives,
- la gêne.
Plus la tâche effectuée est difficile et complexe, plus les effets indésirables du bruit, tels que la diminution des performances, la gêne et les réactions du système nerveux, risquent de se manifester. Ces effets se manifestent sous la forme d’une baisse des facultés mémorielles, c’est-à-dire de la mémoire à court terme. Or la rétention et l’acquisition des informations est très importante lorsque les tâches à effectuées requièrent une attention et une concentration continues, notamment dans les processus techniques complexes.
Le bruit au bureau, ce n’est donc pas simple à traiter
La tendance actuelle évolue de plus en plus vers des aménagements toujours plus ouvert de l’espace (cas des Open Space). Il en résulte une élévation du niveau sonore ambiant (ordinateur, photocopieur, bruit de clavier, porte qui claque…). Cette élévation du niveau sonore conduit à produire des efforts plus élevés d’audition pour entendre vos collègues et peut générer fatigue et difficultés de concentration.
De plus, les sons porteurs d’informations (y compris la parole) peuvent également diminuer les performances à des niveaux sonores faibles. La parole, en tant qu’effet sonore indésirable, peut interférer avec la communication acoustique, ainsi qu’avec les capacités mentales associées à la mémoire à court terme.
Même si les effets du bruit émanant des activités de bureau n’ont, à priori, pas d’incidence physique immédiate et irrémédiable sur l’ouïe, les sons de moyenne pression acoustique, tels que le bruit au bureau :
gêne la bonne compréhension des échanges verbaux
diminue l’efficacité de nos activités cérébrales : performance
perturbe notre concentration
La pollution sonore au bureau existe bel et bien. Elle est aujourd’hui reconnue comme influençant de près ou de loin les employés de bureau.
Niveau de bruit au bureau
Il faut garder présent en mémoire le fait que le niveau sonore d’un bureau informatisé se situe entre 30 et 45 dB(A). C’est-à-dire une échelle de bruit qui va du jardin très silencieux au fond sonore dans un restaurant calme. A quelques dB(A) de là, commence l’inconfort qui peut être d’autant plus marqué que des critères subjectifs entrent en jeu.
En effet, en observant ce milieu de travail, les scientifiques sont arrivés à la conclusion que si la personne dérangée possède des dispositions négatives envers le fauteur de bruit, elle se sentira davantage gênée que s’il s’agissait de bruit causé par des collaborateurs qui lui sont sympathiques. Toute la difficulté réside en cela pour agir de manière efficace contre le bruit.
Toutefois, le travail à l’écran implique un environnement maîtrisé, donc un minimum de bruits, d’exclamations, de conversations qui incommodent l’opérateur. Pour travailler de manière concentrée à l’écran, chaque bruit étranger – donc non émis par l’opérateur ou son correspondant – doit être considéré comme incommodant. En effet, tout ce qui dépasse de manière impromptue le niveau sonore au poste de travail risque de perturber le travail engagé. Or ces conditions sont particulièrement sujettes à changement. Dans un bureau individuel avec un niveau sonore ambiant inférieur à 30 db(A) le seul fait de faire démarrer un PC va augmenter le bruit de 10 dB(A) dans un premier temps pour atteindre 46 dB(A) lorsque l’utilisateur accédera au disque dur. Si le PC est maintenu en fonctionnement, le bureau va passer de la position optimale au niveau défavorable. Le fait d’abaisser ce niveau par des améliorations dans les revêtements, mais aussi en diminuant le bruit de la ventilation, peut rendre plus compréhensibles les conversations des personnes travaillant dans le voisinage immédiat.
Les Solutions et bonnes pratiques pour une ambiance sonore agréable au bureau
En matière de protections et action contre le bruit de nombreuses solutions voient aujourd’hui le jour. Ces solutions sont notamment efficaces lors de la rénovation ou de la construction de nouveaux locaux. Toutefois des principes généraux et des règles de bonnes conduites peuvent participer à l’amélioration de l’ambiance sonore au bureau.
1. Les aménagements nécessaires pour diminuer le bruit au bureau
A. Les règles de bonne conduite : comportement intra-entreprise
Certains comportements humains sont à revoir pour diminuer le bruit en entreprise. Les espaces ouverts ou open-space seront gagnants dans la mise en place d’un code de savoir-être sur le lieu de travail :
Parler à voix basse,
Mettre son téléphone mobile personnel sur vibreur,
Diminuer les comportements bruyants tel que claquer la porte, fermer violemment le bac de la photocopieuse, tapoter son stylo contre le plateau du bureau etc.
B. Aménagement du bureau : actions des manager et des RH
Évitez de placer des équipements émetteurs de sons contre un mur plein ou un coin (le photocopieur par exemple),
Optez pour des cloisons phoniques pour délimiter l’espace de chacun,
Aménagez des cloisonnettes acoustiques entre les postes de travail qui sont l’un contre l’autre,
Diminuer l’impact des sons en vous équipant d’armoire aux parois absorbant le bruit et évitant sa propagation. L’utilisation de mobilier absorbant le bruit est une solution optimale et économique pour l’affaiblissement des niveaux sonores des bureaux. Les effets seront d’autant plus intéressants que l’insonorisation des locaux aura été réalisée.
Effets de l’utilisation de mobilier absorbant : www.rehau.com
C. Insonorisation intérieure des locaux
Le local a un rôle fondamental dans l’exposition au bruit des travailleurs. Il augmente le niveau sonore provenant des équipements et affecte tout l’espace de travail. Les multiples réflexions du bruit sur les parois du local s’ajoutent au bruit transmis directement au travailleur. La qualification de la performance acoustique des locaux repose essentiellement sur sa capacité d’absorption du bruit : c’est ce que l’on appelle la correction acoustique.
Il est possible, de convenir de travaux d’amélioration pour diminuer la propagation du bruit et augmenter son absorption :
Pose de plafond tendu
Pose de plancher en revêtement spécialement conçu pour diminuer l’impact du bruit,
Isolation des murs par des plaques isophoniques.
Pour une protection acoustique optimale, il faut isoler toutes les faces de vos locaux (Sols, plafonds, murs)
D. Isolation phonique à la construction
L’une des meilleures solutions contre le bruit est d’anticiper le phénomène lors de la construction des bâtiments. Les constructions contemporaines bénéficient de nouvelles technologies et normes qui sont bien plus exigeantes que pour les bâtiments anciens.
2. L’utilisation d’un masquage sonore
Dans les bureaux paysagers, on entend les conversations de chacun. Cela déconcentre et perturbe le travail et on est tenté d’élever la voix. Le bruit appelle le bruit. Le masquage sonore consiste à diffuser un bruit dit "blanc" à faible niveau (39 à 45 db A) constitué de fréquences totalement aléatoires qui après une période d’écoute d’environ une semaine vont être oubliées par notre cerveau, car elles ne véhiculent pas d’informations sonores significatives. On va l’oublier : un masquage réussi doit être neutre et doux pour procurer un confort maximum. Certains rapport de clients spécifient que la première semaine, les employés prêtent vaguement attention au système de masquage, le qualifiant de bruit de vague ou de mer. Le système prend en compte lors de la calibration la réponse acoustique du local à traiter et génère un masque sonore dont le spectre intègre la réponse du local. Le système est dynamique, et s’ajuste automatiquement en niveau en fonction du bruit généré par l’activité humaine, afin de rester efficace tout en étant le plus discret possible.
Le masquage de sons existe depuis les années 70 en Amérique du Nord avec les premiers open spaces. Aux Etats Unis et au Canada près de 20% des bureaux sont déjà équipés. Il commence à s’implanter en Europe. Le principe du masquage sonore est de rendre les bruits ambiants moins perceptibles à l’oreille.
Le masquage sonore n’est pas une solution unique .Il ne fonctionne que si les espaces ont une acoustique passive conforme, et un niveau de bruit ambiant admissible. ( < 45 dbA ou mieux hors activité).
Dans les grands espaces, cela peut permettre une économie sur l’isolant dans les faux plafonds. L’environnement reste modulable.
L’installation en est en effet très simple, l’équipement se compose de capteurs de pression sonore, d’une unité d’analyse, d’une unité d’amplification, de hauts parleurs suspendus à la dalle. Le masquage sonore va se mélanger aux voix et signaux sonores pour que les paroles distantes ne puissent plus être identifiées clairement. Des enquêtes ont montré que cela signifiait également moins de stress, moins d’absentéisme et plus de productivité. Il évite la confusion, la distraction, l’énervement.
Le masquage sonore lisse aussi les bruits fatigants des équipements informatiques et autres téléphones. Le masquage sonore participe enfin à améliorer significativement la confidentialité, qui peut être stratégique pour certains clients.
Le contexte normatif et réglementaire
Longtemps considéré comme une conséquence inévitable de l’industrialisation, le bruit fait aujourd’hui l’objet d’une réglementation qui vise à protéger les travailleurs contre les risques liés à une exposition prolongée. Il est en outre reconnu comme cause de maladies professionnelles depuis 1963 (tableau n° 42 du régime général). La réglementation applicable en la matière telle qu’elle résulte notamment de l’introduction des articles R. 231-125 à R. 231-135, par le décret n° 2006-892 du 19 juillet 2006, dans le code du travail. Celle-ci s’articule autour de deux axes Principaux agissant, le plus en amont possible, sur l’environnement de travail. En ce sens, les textes visent d’une part à limiter le bruit émis par les machines (article R. 233-84 du code du travail et annexe I visée par cet article) et favorisent le traitement acoustique des locaux de travail dès leur conception (article R. 235-2-11 du code du travail, fixant les obligations des maîtres d’ouvrage) ; d’autre part, les textes visent à évaluer les risques qui subsistent et assurer efficacement la protection des travailleurs exposés au bruit (articles R. 231-125 à R. 231-135 du code du travail).
Les normes et les réglementations apportent une aide à la rédaction des cahiers des charges, à la conception, à la réalisation et à la réception des ouvrages qui satisferont les exigences minimales de sécurité et de confort pour les travailleurs.
La norme AFNOR NF X 35 – 102
Pour éviter les effets indésirables du bruit, il convient que le niveau acoustique nominal sur le lieu de travail soit aussi bas que possible afin de permettre l’exécution des tâches prévues :
- Dans les locaux de bureaux, le niveau acoustique continu équivalent doit se situer entre 35 dB(A) et 55 dB(A) sans être dépassés. (ISO 11690 – 1).
Dans les locaux où l’activité principale consiste en communication verbales, le niveau acoustique continu équivalent (hors communications) ne doit pas dépasser 50 dB(A).
Si dans un bureau collectif, les postes de travail doivent être séparés, il est nécessaire de prévoir des cloisons isolantes modulables. Les émissions sonores artificielles destinées à masquer les autres sources de bruit doivent être évitées.
L’isolement acoustique entre bureaux doit être au minimum de 40 dB(A) en bruit rose (Norme NF S 31 – 057). La durée de réverbération de (250 Hz à 4000 Hz) doit être comprise entre 0.3 seconde et 0.8 seconde.
- Le bruit émis par chacun des équipements (imprimante, photocopieuse…) mesurée à 1 m, ne doit pas dépasser 40 dB(A).
La norme NF S31-080
Jusqu’ici, il n’y avait pas de référence normative française en matière de confort et d’ambiance acoustique dans les espaces de travail. L’ambition de cette norme est donc de permettre la prise en compte de la qualité acoustique dans l’exercice des différentes disciplines et professions impliquées dans le projet de bureau. La norme s’applique aux locaux neufs, aux rénovations et aux changements d’affectation des espaces. Elle s’applique aux différents types d’espaces que l’on trouve dans les immeubles de bureaux mais ne permet pas de qualifier l’immeuble dans son ensemble.
Les espaces traités sont les suivants : bureau individuel, bureau collectif, espace ouvert, salle de réunion, espace de détente, restaurant, circulation, plateau à aménager.
Cette norme s’applique en particulier aux interventions des clients finaux, maîtres d’ouvrage, prescripteurs, corps d’état et promoteurs. La présente norme s’applique aux locaux neufs, aux rénovations et aux changements d’affectation des espaces.
N.B. :
Les marques NF UPEC et NF UPEC.A certifient que les revêtements de sol qui en bénéficient :
• ont les performances techniques requises en fonction de l’usage d’un local selon les exigences du classement UPEC,
• sont soumis à des audits périodiques de surveillance dans leurs sites de production et dans leur réseau de distribution
Depuis le 1er janvier 2010, la marque NF UPEC.A a été remplacée par la NF UPEC.A+ qui a vu ses exigences acoustiques renforcées.
Ces nouvelles exigences portent sur :
• le seuil minimum de l’isolation aux bruits de choc qui a été ramené à 15 dB (au lieu de 13)
• la diminution de la transmission des bruits de choc dans une même pièce (la sonorité à la marche) qui doit être inférieure à 65 dB
De plus, la certification NF UPEC.A+ des revêtements de sol permet de répondre aux exigences des cibles 2 (Choix intégré des procédés et produits de construction) et 9 (Confort acoustique) des référentiels HQE®, permettant d’atteindre des niveaux jusqu’à « Très Performant ».
Pour en savoir plus :
NF-S 31-080 : 2006 Acoustique – Bureaux et espaces associés – Niveaux et critères de performances acoustiques par type d’espace.
Techniques de réduction du bruit en entreprise. Quelles solutions, comment choisir. Paris, INRS, ED 962, 2006, 124 p.
Conception des lieux et des situations de travail. Démarches, méthodes et connaissances techniques. Paris, INRS, ED 950, 2006, 152 p.
Le bruit. Paris, INRS, coll. Aide mémoire juridique, TJ 16, 2007, 28 p.
Techniques de réduction du bruit en entreprise : exemples de réalisation.
CANETTO P. "Une nouvelle réglementation sur le bruit au travail". TC 110. Paru dans Documents pour le médecin du travail. 2006, 11 p.
CANETTO P., GUILLEMY N. "Le bruit". Aide-mémoire juridique. TJ 16. 2007, 28 p.
Evaluer et mesurer l’exposition au bruit professionnel, INRS ED6035, 2009.
Absorption acoustique par les rideaux d’armoire : www.rehau.com